Méthode sur Waterfall

« La cascade joue
sa partition blanche —
pas de fausse note. »
Haïku moderne

« L’eau chante
sans savoir qu’elle chante.
Moi, je l’écoute. »
Henri Michaux

Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale

La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.

La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.

Définition du « groove »

Le piano est un instrument de percussion.

La définition du terme « groove » est complexe et difficilement traduisible en un seul mot en français. Il désigne la précision particulière d’un rythme régulier et répétitif, souvent binaire, qui peut évoquer la performance d’un batteur dans une musique entraînante et propice à la danse. Il sera la clé de voûte de l’interprétation dans Waterfall.

1- Déchiffrage

La tonalité de ce morceau est indiquée à l’armure avec deux bémols, ce qui correspond soit à Si bémol majeur, soit à Sol mineur. Pour déterminer précisément la tonalité, il suffit d’analyser la dernière mesure : celle-ci résout vers la première mesure du morceau. Nous pouvons donc en conclure que la tonalité est Sol mineur.

La méthode de déchiffrage reste la même que pour les partitions de musique groove : avancez pas à pas, mesure par mesure.

Commencez par la main droite, puis la main gauche, avant de jouer les deux mains ensemble, section par section, en fonction de votre capacité de mémorisation.

Il serait intéressant de réaliser un exercice préparatoire pour s’habituer à placer les notes en syncope par rapport au temps, notamment entre les phrases longues en legato.

  • Poursuivez le déchiffrage de l’ensemble du morceau en appliquant cette méthode étape par étape.

2- interprétation

Waterfall est une composition créée en 2006, directement inspirée par la visite des grandes chutes et des torrents rencontrés en Chine. Le mouvement perpétuel de l’eau qui tombe en est le fondement : ce morceau, à la fois régulier et parfois répétitif, évoque un flux continu de notes formant une boucle. Il se veut apaisant, toujours calme, mais constamment renouvelé, offrant une expérience à la fois stable et toujours différente.

tempo :

La notion de tempo, dans ce type de musique, repose sur celle de métronome intérieur. Le tempo doit rester globalement régulier, mais les intentions, elles, sont en perpétuelle fluctuation. On ne cherche pas à introduire des variations de tempo marquées, mais plutôt des nuances à peine perceptibles, liées à ce que j’appellerais une intention musicale. L’utilisation d’un métronome n’est donc pas recommandée, sauf éventuellement lors de la phase de déchiffrage pour assurer la justesse des rythmes écrits. En revanche, il doit disparaître lors de l’interprétation, afin de libérer pleinement les intentions liées au tempo et de laisser respirer la musique.

phasé :

Les deux objectifs principaux dans le phrasé seront le légato et les accords en arpeggiato.

Le légato sera obtenu en maintenant les doigts le plus longtemps possible au fond des touches ou en utilisant la pédale de sustain de manière à prolonger le son au maximum. Il faudra cependant veiller à garder l’oreille active pour éviter un mélange trop dense des notes ou une superposition d’harmonies différentes.

Pour les accords en arpeggiato (notes égrenées rapidement les unes après les autres), deux approches sont possibles : soit en jouant simultanément avec la main droite et la main gauche, soit en commençant par la main gauche suivie de la main droite.

pédale :

La pédale de sustain s’avère particulièrement utile dans ce contexte. Pour un rendu optimal, il est conseillé d’utiliser une pédale par mesure, en veillant à ne jamais superposer deux harmonies distinctes.

nuances :

La notion de nuance inclut également celle de dynamique et d’accentuation : certaines notes peuvent être accentuées, et une section entière peut avoir une dynamique plus forte ou plus faible, on pourra aussi créer des vagues successives de nuances.

3- improvisation

Nous allons explorer deux types d’improvisation dans ce morceau : l’improvisation de style baroque et l’improvisation moderne, fondée sur les contretemps, les anticipations et les retards. Bien que ces deux approches semblent éloignées l’une de l’autre, elles ont la particularité de s’entremêler avec bonheur

gammes :

La tonalité du morceau, indiquée par les deux bémols à l’armure, peut correspondre soit à si bémol majeur, soit à sol mineur. Cependant, l’accord final du morceau est un sol mineur 7 (G-7), identique à celui du début, ce qui confirme que la tonalité générale est sol mineur.

Le morceau se divise en deux parties : la première est en sol mineur, tandis que la seconde en est une transposition à la quinte supérieure, soit en ré mineur.

Nous commencerons par analyser les deux progressions diatoniques, puis nous étudierons la grille harmonique dans son ensemble.

Tous les enchaînements II-7 → V7 (ou II-7♭5 → V7) doivent être abordés en utilisant la gamme de la tonalité cible, c’est-à-dire celle du I-7 ou I maj7 vers lequel ces accords résolvent.

Pour les autres accords de la grille :

S’ils appartiennent à la progression diatonique de la tonalité principale, utilisez la gamme de cette tonalité (mineure naturelle, harmonique ou mélodique selon le contexte).

S’ils sont des accords d’emprunt ou des harmonies chromatiques, utilisez la gamme ou le mode correspondant à l’harmonie écrite.

La période baroque (environ 1600–1750) fut particulièrement riche dans le domaine de l’improvisation. Bach et de nombreux compositeurs de l’époque étaient en effet des improvisateurs accomplis, notamment à l’orgue et au clavecin.

Le style baroque ne se limite pas à un rythme binaire (succession de croches égales), mais il est vrai que la régularité rythmique et la pulsation claire y occupent une place importante. L’improvisation baroque s’appuie sur les règles de la tonalité en privilégiant à la fois l’aspect mélodique et l’harmonie, souvent selon des schémas liés au contrepoint.

Le deuxième exemple que nous allons aborder est l’improvisation dans un style lyrique, caractérisé par une grande vélocité, des notes en extension et un phrasé rythmique marqué par des contretemps, des anticipations et des retards.

Sur ce morceau, on peux improviser de bien des manières. La clé d’une improvisation réussie : La construction du récit et la mélodie.

phrases :

Tentez au début des phrases courtes sans perdre la régularité de la main gauche ni le groove. Ensuite, essayez des phrases plus longues avec des espaces de silence. Variez les rythmes en utilisant des noires, des croches, des triolets, et peut-être même des phrases sous forme de gammes rapides.

Les phrases décalées dans l’espace de la mesure, en utilisant les accords basés sur les extensions, donneront une couleur plus moderne comme dans l’exemple de style lyrique.

accords :

Il est possible de jouer les mélodies MD en octave pour donner plus de présence, ou de jouer des accords en utilisant les notes de la gamme ou les extensions décrites ci dessus 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – 11- 11# – 13 – .

Extensions possibles

Accords Maj7 : 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – #11

Accords -7 : 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – 11

Accords 7 : 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – #11 – 13

Accords 7 altérés : 1 – 3 – 5 – 7 – b9 – #9 – #11 – b13


Variations pour la MG

Lors de l’improvisation, la ligne mélodique de la main gauche, définie dans le thème, est un bon point de départ. Cependant, il est important de l’enrichir pour créer une improvisation plus variée. Les exemples ci-dessous ne sont que quelques possibilités parmi une multitude de solutions.

L’ accord constitué de tonique, quinte et tierce est assez simple à réaliser.

Une basse constituée de la tonique reprise à l’octave avec le pouce permettra encore plus de liberté pour la main droite improvisant.

Des accords de base en rondes ou arpégés seront assez faciles à réaliser aussi.

Beaucoup d’autres solutions sont possibles…

Une autre solution consiste à utiliser des accords de type jazz avec extensions, mais sans tonique. Ces accords peuvent servir de bonne base pour une improvisation plus orientée vers le style swing.

4- structure du morceau

introduction :

Attaquez le morceau directement, en légato.

theme :

Jouez un seul thème tel qu’écrit, en l’interprétant librement. Un deuxième thème me semble superflu.

improvisation :

L’improvisation doit être structurée et s’appuyer sur deux ou trois idées préalablement travaillées en répétition.

Première partie : Introduisez une nouvelle mélodie sur les accords du thème, dans un style simple (par exemple baroque), s’étendant sur deux grilles harmoniques.

Deuxième partie : Adoptez un rythme plus soutenu et un style plus lyrique, en reprenant les idées mélodiques de la première partie et en les développant.

Troisième partie : Revenez à la construction et à l’ambiance de la première partie pour conclure, avant de retrouver le thème initial.

    L’ensemble doit prendre la forme d’un crescendo régulier jusqu’à un point culminant appelé « climax » en fin de deuxième partie, suivi d’un decrescendo rapide pour entrer dans la troisième partie, puis se stabiliser jusqu’au retour au thème.

    Pour assurer une transition fluide vers le thème, essayez de revenir à la première idée avec des phrases simples, créant ainsi un lien naturel avec le retour au thème.

    theme :

    Retour au thème.

    fin ou coda :

    Pour terminer le morceau, vous avez deux options :

    Soit vous arrêtez comme indiqué sur la partition, c’est-à-dire sur la première mesure du thème en sol mineur (G–).

    Soit vous improvisez une fin personnelle, en respectant ces principes :

    ralentir progressivement le tempo,

    diminuer l’intensité sonore,

    utiliser un accord de conclusion simple ou légèrement inattendu.