Méthode sur Tikal

Photo : Josias Bran

Tikal, grande cité maya du Guatemala, était un centre religieux et culturel où la musique jouait un rôle clé dans les rituels. Les Mayas utilisaient des rythmes rapides et répétitifs, produits par des tambours, flûtes et trompettes, pour induire des états de transe et renforcer la cohésion lors des cérémonies. L’architecture du site amplifiait ces sons, créant une ambiance immersive et hypnotique.

Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale

La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.

La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.

Définition du « groove »

Le piano est un instrument de percussion.

La définition du terme « groove » est complexe et difficilement traduisible en un seul mot en français. Il désigne la précision particulière d’un rythme régulier et répétitif, souvent binaire, qui peut évoquer la performance d’un batteur dans une musique entraînante et propice à la danse. Il sera la clé de voûte de l’interprétation dans Shan.

1- Déchiffrage

Structure du morceau

Le morceau s’articule autour des sections suivantes :
Introduction libre sur l’ostinato de la main droite.
Thème joué deux fois (avec reprise, sortie 1), puis de la sortie 2, qui mène à un pont introduisant la partie improvisée libre. Une proposition est écrite pour la main gauche à partir de la mesure 85.
Une seconde improvisation, plus aiguë, est proposée à la mesure 101.
Un pont ramène ensuite au thème de départ, conduisant à la sortie 3.
La sortie 3 présente une nouvelle mélodie, suivie de mesures permettant de descendre d’une octave vers le thème original, une octave plus bas, pour conclure le morceau.

Déchiffrage du thème

Automatisez la ligne de main droite en augmentant progressivement la vitesse jusqu’à 120.
Il est essentiel de bien décontracter la main droite pendant cet exercice pour éviter toute tension musculaire ou au poignet.
Pour cela, gardez les doigts souples, le poignet relâché et les épaules basses, comme si votre main flottait au-dessus des touches.
Dans le cas contraire, il sera impossible de maintenir ce mouvement tout au long du morceau.

Mise en place de la mélodie

Commencez par jouer la mélodie à la main gauche seule, puis essayez de jouer les deux mains ensemble de façon horizontale.

La suite du thème et des ponts jusqu’à l’improvisation suivra la même méthode : mise en place et mémorisation de la main droite, puis déchiffrage de la main gauche, avant de jouer avec les deux mains ensemble. Ce processus sera répété jusqu’à la première improvisation, qui sera détaillée dans le chapitre « Improvisations ».

2- interprétation

Tikal, grande cité maya du Guatemala, était un centre religieux et culturel où la musique occupait une place centrale dans les rituels. Les Mayas utilisaient des rythmes rapides et répétitifs, produits par des tambours, des flûtes et des trompettes, pour induire des états de transe et renforcer la cohésion sociale lors des cérémonies.

tempo :

Le mouvement répétitif de la main droite doit illustrer cette idée, mais avec une part de liberté, d’irrégularité, d’ondulation, voire de vagues, au service de la mélodie ou des aplats d’octaves de la main gauche.

Le tempo doit rester assez rapide et constant, mais il doit suivre l’interprétation des mélodies, en accélérant légèrement ou en retenant le tempo de façon suggestive.

phrasé :

Le phrasé du thème doit rester legato, mais la mélodie (main gauche) doit se détacher avec plus d’intensité et de netteté par rapport aux notes d’accompagnement. Les notes basses, quant à elles, seront jouées tenues (legato) et un peu plus présentes, afin de s’équilibrer harmonieusement avec la mélodie et les vagues de la main droite.

pédale :

L’utilisation de la pédale de sustain se révèle particulièrement précieuse dans ce morceau. Elle pourra donner une véritable épaisseur à l’ensemble si on la maintient assez longtemps. En revanche, prenez soin de ne jamais superposer deux harmonies différentes.

nuances :

La nuance au piano ne se limite pas à la simple intensité : elle englobe aussi la dynamique et l’accentuation. Dans le premier thème, il est essentiel de mettre en valeur la mélodie. Dans les ponts, les crescendos et decrescendos permettront de créer l’ampleur et le mouvement des vagues. Dans le second pont, les basses de la main gauche guideront les nuances à adopter pour dynamiser l’ensemble. Certaines notes peuvent être mises en relief, tandis qu’une section entière peut s’embraser ou, au contraire, s’adoucir.

3- improvisation

L’improvisation dans ce morceau s’articulera en deux parties, organisées autour d’une étude de virtuosité.
La première partie mettra en jeu une main droite s’étendant sur deux octaves (sol, do, sol), accompagnée d’une mélodie à la main gauche en do mineur.
La seconde partie, construite sur une octave (sol, si, sol), donnera lieu à une improvisation à la main gauche en mi mineur. L’objectif sera de jouer le plus aigu possible, afin de se mêler aux notes de la main droite, créant ainsi une tension particulière qui exprime l’idée de transe.

Une improvisation est proposée à titre d’exemple dans la partition : vous pouvez vous en inspirer pour trouver votre propre interprétation de cette partie.

Les octaves à la main gauche apporteront plus de force à votre jeu.
Les accords diatoniques, fondés sur la gamme, pourront quant à eux ajouter une touche de mystère. Pour plus de clarté dans les accords, il sera judicieux de jouer la main droite une octave au-dessus.
Beaucoup d’autres accords et successions d’accords sont bien sûr possibles.

Pour structurer vos improvisations, privilégiez toujours la construction de vos phrases musicales selon des cycles de mesures paires. Les groupements de 4 et 8 mesures s’avèrent particulièrement efficaces pour créer une cohérence rythmique et harmonique.

L’improvisation sur ce morceau gagnera en richesse et en originalité en mêlant habilement lignes mélodiques variées et parties en accords, structurées selon des cycles de quatre ou huit mesures. Pour que l’ensemble reste cohérent et captivant, il est essentiel de respecter une courbe (avec un climax) ou une construction logique avec des lieux de contraste de nuances: passages apaisés alternant avec des moments plus agités. Bien sûr, de nombreuses autres approches sont envisageables pour obtenir un résultat encore plus varié et intéressant.

Laissez-vous guider par votre inspiration.

4- structure du morceau

Introduction ad lib

Thème joué 2 fois (avec reprise)

Pont 1

Improvisation 1 et 2 ad libitum

Pont 2

Thème joué 1 fois (vers sortie 3)

Pont 3

Thème joué en partie 1 fois (1 octave plus bas) jusqu’à Fine

fin ou coda :

L’interprète est libre de conclure selon son inspiration personnelle, pour une fin plus personnelle et expressive.