Méthode sur Shan

Le terme « 山 » (shān) signifie « montagne » en chinois.

La force dégagée par ces puissants massifs Aux remparts et donjons d’immenses citadelles Impose le respect et nous laisse pensifs, Le regard fasciné par leurs neiges éternelles

Arnaud Jonquet, « La montagne » :

Et là, penché sur l’onde et sur l’immensité, Calme et silencieux, avez-vous écouté ? Voici ce qu’on entend : — du moins un jour qu’en rêve Ma pensée abattit son vol sur une grève, Et, du sommet d’un mont plongeant au gouffre amer, Vit d’un côté la terre et de l’autre la mer.

Victor Hugo

Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale

La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.

La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.

Définition du « groove »

Le piano est un instrument de percussion.

La définition du terme « groove » est complexe et difficilement traduisible en un seul mot en français. Il désigne la précision particulière d’un rythme régulier et répétitif, souvent binaire, qui peut évoquer la performance d’un batteur dans une musique entraînante et propice à la danse. Il sera la clé de voûte de l’interprétation dans Shan.

1- Déchiffrage

Structure du morceau

Le morceau s’articule autour des sections suivantes :

Introduction de 4 mesures

Thème joué 2 fois (avec reprise)

Pont 1

Thème joué 1 fois (sans reprise, tacet 2)

Pont 2

Improvisation ad libitum

Thème joué 1 fois (sans reprise, tacet 3) jusqu’à Fine

Note : Les mentions tacet 2 et tacet 3 indiquent qu’il ne faut pas effectuer la reprise lors de la deuxième et de la troisième occurrence du thème.

Ce morceau, composé en do majeur, s’articule autour de 3 parties distinctes et d’une section dédiée à l’improvisation.

La première partie présente le thème, construit sur un ostinato à la main droite et une mélodie à la main gauche. Cette mélodie peut prendre deux formes : soit une harmonisation dans les basses, soit une ligne mélodique qui amène la main gauche à jouer au-dessus de la main droite.

La seconde partie fait office de premier pont, caractérisé par de larges arpèges répartis entre les deux mains. Ce passage, plus apaisé, crée une atmosphère de transition avant le retour au thème initial.

La troisième partie, après la reprise du thème, introduit un second pont d’inspiration cubaine. Ce segment dynamique marque l’entrée dans la section d’improvisation, qui s’appuie sur les harmonies du premier pont.

Pour déchiffrer le thème, procédez de manière horizontale : conservez l’ostinato régulier de la main droite, puis intégrez progressivement les notes de la main gauche, facilitant ainsi l’apprentissage et la fluidité de l’interprétation.

Pour déchiffrer le premier pont, procédez de manière verticale, mesure par mesure. Observez que chaque mesure se compose généralement d’une succession de croches, réparties alternativement entre la main droite et la main gauche. Cette méthode permet de bien isoler les mouvements de chaque main et d’assurer une lecture précise du rythme avant de jouer l’ensemble de façon fluide.

Pour déchiffrer le second pont, commencez par automatiser les deux premières mesures de la main droite : ce motif se répète, avec quelques variations de notes, jusqu’à la fin du pont. Une fois cette base maîtrisée, poursuivez le déchiffrage de l’ensemble des notes de la main droite. N’intégrez les octaves de la main gauche qu’ensuite, en veillant à les synchroniser avec celles de la main droite.

2- interprétation

« Shan », composée en 2006, puise son inspiration dans la beauté et la majesté des montagnes, qu’elles soient européennes ou asiatiques. La première partie, portée par une mélodie aïgue à la main gauche, évoque l’image des grands sommets, ronds ou pointus, toujours plus hauts, toujours plus immenses.

Le premier pont, plus contemplatif, illustre l’immensité des étendues de neige et des prairies, ainsi que le calme qui y règne. Le second pont, très animé, sert de passerelle vers une improvisation basée sur une grille d’accords extrêmement simple. L’interprétation de cette improvisation sera abordée ultérieurement.

tempo :

La définition du terme « groove » est complexe et difficilement traduisible en un seul mot en français. Il désigne la précision particulière d’un rythme régulier et répétitif, souvent binaire, qui peut évoquer la performance d’un batteur dans une musique entraînante et propice à la danse. Il sera la clé de voûte de l’interprétation dans Shan.

phrasé :

Dans le debut du thème, jouez legato, avec des parties staccato pour introduire les changements d’harmonies de la main gauche.

Le phrasé du thème doit rester legato, mais la mélodie (MG) doit se détacher avec plus d’intensité et de netteté par rapport aux notes d’accompagnement. La basse, elle, sera jouée tenue (legato) et un peu plus présente, afin de s’équilibrer harmonieusement avec la mélodie et les vagues de la main droite.

Dans le premier pont, privilégiez la mise en valeur de vagues successives.

Dans le seconds pont, jouer legato en incluant des accents sur toutes les octaves en syncope (croches en l’air).

pédale :

L’utilisation de la pédale de sustain se révèle particulièrement précieuse dans ce morceau. Elle pourra donner une véritable épaisseur à l’ensemble si on la maintient assez longtemps. En revanche, prenez soin de ne jamais superposer deux harmonies différentes.

nuances :

La nuance au piano ne se limite pas à la simple intensité : elle englobe aussi la dynamique et l’accentuation. Dans le premier thème, il est essentiel de mettre en valeur la mélodie. Dans le premier pont, les crescendos et decrescendos permettront de créer l’ampleur et le mouvement des vagues. Dans le second pont, les basses de la main gauche guideront les nuances à adopter pour dynamiser l’ensemble. Certaines notes peuvent être mises en relief, tandis qu’une section entière peut s’embraser ou, au contraire, s’adoucir.

3- improvisation

L’improvisation dans ce morceau s’articulera d’abord autour d’une étude de virtuosité axée sur les gammes, puis sur les arpèges et les accords, avant de s’orienter enfin vers la création de mélodies.

Les exemples présentés ci-dessus doivent d’abord être travaillés au métronome, à une vitesse lente. On augmente ensuite progressivement et régulièrement le tempo, jusqu’à atteindre une vitesse de 180 à la noire.

Pour structurer la progression, commencez par travailler à la noire, puis au triolet de noire, ensuite à la croche, et enfin au triolet de croche ou à la double croche, selon votre aisance et votre niveau de virtuosité.

Les exemples présentés ci-dessus doivent d’abord être travaillés au métronome, à une vitesse lente. On augmente ensuite progressivement et régulièrement le tempo, jusqu’à atteindre une vitesse de 180 à la noire.

Pour structurer vos improvisations, privilégiez toujours la construction de vos phrases musicales selon des cycles de mesures paires. Les groupements de 4 et 8 mesures s’avèrent particulièrement efficaces pour créer une cohérence rythmique et harmonique.

L’improvisation sur ce morceau gagnera en richesse et en originalité en mêlant habilement arpèges rapides, lignes mélodiques variées et parties en accords, structurées selon des cycles de quatre ou huit mesures. Pour que l’ensemble reste cohérent et captivant, il est essentiel de respecter une courbe (avec un climax) ou une construction logique avec des lieux de contraste de nuances: passages apaisés alternant avec des moments plus agités. Bien sûr, de nombreuses autres approches sont envisageables pour obtenir un résultat encore plus varié et intéressant.

Laissez-vous guider par votre inspiration.

4- structure du morceau

Introduction de 4 mesures

Thème joué 2 fois (avec reprise)

Pont 1

Thème joué 1 fois (sans reprise, tacet 2)

Pont 2

Improvisation ad libitum

Thème joué 1 fois (sans reprise, tacet 3) jusqu’à Fine

fin ou coda :

L’interprète est libre de conclure selon son inspiration personnelle, pour une fin plus personnelle et expressive.