Méthode sur paï

Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale

La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.

La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.

Définition du « groove »

Le piano est un instrument de percussion.

La définition du terme « groove » est complexe et difficilement traduisible en un seul mot en français. Il désigne la précision particulière d’un rythme régulier et répétitif, souvent binaire, qui peut évoquer la performance d’un batteur dans une musique entraînante et propice à la danse. Il sera la clé de voûte de l’interprétation dans Coral Island.

1- Déchiffrage

Structure du morceau :

  1. Début : 8 mesures (sortie n°1), suivies d’une barre de renvoi → retour au début.
  2. Après les 4 premières mesures, prendre la sortie n°2 (3ème ligne) jusqu’à la fin de cette section.
    • À la fin de cette section, une barre de renvoi → retour au début du morceau.
  3. Enchaînement final :
    • Sortie n°1 → barre de renvoi → retour au début.
    • Sortie n°2 → fin du morceau (dernière mesure indiquée par Fine).

Schéma résumé : Début → 8m (sortie 1) → retour début → 4m → sortie 2 → fin de section → retour début → sortie 1 → retour début → sortie 2 → Fine.

Analyse de la tonalité Le morceau comporte 5 bémols à l’armure, ce qui correspond soit à la tonalité de Ré♭ majeur, soit à celle de Si mineur. En observant la fin de la partition, on remarque que le dernier accord est Ré♭ majeur, ce qui confirme la tonalité générale du morceau.

Travail de la gamme Pour bien assimiler cette tonalité, nous commencerons par nous familiariser avec la gamme de Ré♭ majeur en la jouant :

d’abord à la main droite seule, sur plusieurs octaves,

puis à la main gauche seule, sur plusieurs octaves,

enfin, aux deux mains ensemble.

Pour déchiffrer ce morceau, procédez de manière verticale en jouant les deux mains ensemble dès le départ. Commencez par la première mesure et allez jusqu’au premier temps de la deuxième mesure, en répétant ce passage jusqu’à ce que la coordination des deux mains devienne automatique. Avant de commencer, définissez soigneusement les doigtés pour chaque main.

Travaillez lentement au début, puis augmentez progressivement la vitesse. Appliquez la même méthode aux deux premières mesures : fixez les doigtés, mettez en place le passage, puis répétez jusqu’à obtenir une exécution fluide.

Continuez ainsi mesure par mesure, en reprenant toujours depuis le début jusqu’à la fin du morceau, en respectant bien cette progression. Enfin, répétez l’ensemble du morceau jusqu’à ce que son exécution devienne parfaitement automatique et précise, tout en veillant à bien restituer le groove tel qu’il a été défini précédemment.

Une fois le morceau parfaitement maîtrisée au tempo défini (noire = 132), nous pourrons aborder sereinement l’analyse harmonique.

  • Analyse de la grille harmonique
  • Commencez par étudier la logique de l’accord Bsus4 : il s’agit d’un accord de Simajeur dont on remplace la tierce (Ré) par la quarte (Mi♭), ce qui crée une sonorité « suspendue ». Cette tension se résout généralement vers la tierce ou la quinte. Dans ce cas précis, la quarte (Mi♭) se résout vers la quinte (Fa), ce qui donne à l’accord son caractère mystérieux et très reconnaissable, souvent utilisé en musique. Une autre façon de noter cet accord est A/B, c’est-à-dire un accord de Lamajeur (La♭, Do, Mi♭) avec une basse en Si♭.
  • Sorties 1 et 2 : On retrouve ici un mouvement de dominante (V) vers tonique (I) et de IV Maj7 (avec tierce) vers I, ce qui rappelle la sonorité de l’accord sus4 se résolvant vers le premier degré, avec tierce et quinte.
  • Mesure 17 : Le principe est le même que pour les quatre premières mesures, mais transposé un ton en dessous. L’accord sus4 se résout ici vers un accord majeur correspondant au 5ème degré (dominante), renforçant ainsi la tension et la résolution caractéristique de cette progression.

2- interprétation

tempo :

La notion de tempo dans un morceau lié au groove fait appel à la notion de métronome intérieur. Seules la répétition, l’expérience et la possibilité de jouer avec une section rythmique (basse-batterie) aideront à l’acquisition d’un tempo régulier intégrant la notion de temps fort sur le 2 et le 4 (after beat).

Le métronome pourrait être utile dans un premier temps, mais l’acquisition d’une boîte à rythmes ou d’un programme de batterie sur votre ordinateur sera la meilleure option.

phasé :

Le phrasé doit être symétrique entre les deux mains. Les contretemps (notes et accords) s’accentuent en fonction de la phrase musicale, tandis que la main droite vise une précision dynamique pour marquer les anticipations.

pédale :

La pédale de sustain sera utile, prévoir une pédale par mesure mais ne jamais mélanger 2 harmonies différentes.

nuances :

Paï, village du nord de la Thaïlande, niché entre rivières et rizières en terrasses, offre un paysage à la fois accidenté et serein. Dans ce morceau, cherche une interprétation rythmique précise, à la fois détendue et nuancée. Laisse les dynamiques s’épanouir, allant jusqu’au f ou même ff pour créer de brefs moments de tension, comme les reliefs qui ponctuent la douceur des rizières.

La nuance ne se limite pas à l’intensité : elle englobe aussi la dynamique et l’accentuation. Certaines notes peuvent être mises en valeur, tandis qu’une section entière peut s’embraser ou, au contraire, s’adoucir — à l’image des lumières changeantes.

3- improvisation

gammes :

Le morceau, marqué par 5 bémols à l’armure, s’inscrit dans la tonalité de Ré♭ majeur.

Dans ce morceau je propose d’improviser sur le thème.

Plusieurs options :

Remplir les silences ou les tenues par des phrases supplémentaires, comme des réponses ou des prolongements naturels.

Paraphraser le thème, en conservant son essence tout en le réinventant ;

Dédoubler certaines notes ou accords, pour en accentuer les couleurs ;

Emprunter d’autres chemins harmoniques ou mélodiques, tout en restant fidèle à l’esprit du morceau ;

phrases :

Tentez au début des phrases courtes sans perdre la régularité de la main gauche ni le groove. Ensuite, essayez des phrases plus longues avec des espaces de silence. Variez les rythmes en utilisant des noires, des croches, des triolets, et peut-être même des phrases sous forme de gammes rapides.

Les phrases décalées dans l’espace de la mesure, en utilisant les accords basés sur les extensions, donneront une couleur plus moderne.

accords :

Il est possible de jouer les mélodies MD en octave pour donner plus de présence, ou de jouer des accords pour harmoniser les mélodies que vous avez crées en utilisant les notes de la gamme ou les extensions décrites ci dessous en fonction des types d’accord 1- 3 – 5 – 7 – 9 – 11- 11# – 13 – b13.

Extensions possibles

Accords Maj7 : 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – #11

Accords -7 : 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – 11

Accords 7 : 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – #11 – 13

Accords 7 altérés : 1 – 3 – 5 – 7 – b9 – #9 – #11 – b13

Variations pour la MG

Lors de l’improvisation, la ligne mélodique de la main gauche, définie dans le thème, est un bon point de départ. Cependant, il est important de l’enrichir ou de la varier. Les exemples ci-dessous ne sont que quelques possibilités parmi une multitude de solutions.

L’ accord constitué des notes constituants l’arpège de depart est assez simple à réaliser, il peut etre joué sous forme d’arpégiato.

Une basse constituée de la tonique reprise à l’octave avec le pouce permettra encore plus de liberté pour la main droite improvisant.

Un arpége plus rapide constitué des notes d’origine est aussi une solution.

Beaucoup d’autres solutions sont possibles…

4- structure du morceau

introduction :

Il n’ y a pas d’introduction écrite, commencez directement sur le thème .

theme :

Commencez par jouer la structure décrite en chapitre 1 du déchiffrage.

Pour le deuxième thème, vous pouvez vous permettre une interprétation plus libre, en explorant des nuances, des variations rythmiques ou expressives selon votre sensibilité.

improvisation :

Pour bien improviser, il faut structurer son jeu en s’appuyant sur deux ou trois idées préparées à l’avance. On peut soit :

reprendre et développer l’idée d’improvisation sur le thème (comme expliqué précédemment), ou inventer des idées libres.

Pour assurer une transition fluide vers le thème, essayez de revenir à la première idée développée dans votre improvisation, créant ainsi un lien naturel avec le retour au thème.

theme :

Retour au 2 thèmes.

fin ou coda :

Vous pouvez choisir de terminer votre morceau en vous arrêtant comme écrit sur la partition, ou bien trouver une fin à votre convenance en suivant les principes suivants : ralentir le tempo, jouer de moins en moins fort, utiliser un accord de fin simple ou légèrement surprenant.