


Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale
La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.
La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.
Définition du « groove »
Le piano est un instrument de percussion.
La définition du terme « groove » est complexe et difficilement traduisible en un seul mot en français. Il désigne la précision particulière d’un rythme régulier et répétitif, souvent binaire, qui peut évoquer la performance d’un batteur dans une musique entraînante et propice à la danse. Il sera la clé de voûte de l’interprétation dans Coral Island.
1- Déchiffrage
La tonalité de ce morceau est définie à la clé avec 3 bemols et correspond à la tonalité de MIb majeure ou de DO mineur, c’est la tonalité que vous pourrez voir en fin de grille , mesure 15 et 16.
Pour automatiser la main gauche des 16 premières mesures, commencez par définir des doigtés idéaux qui vous permettront de jouer avec aisance et fluidité. Prenez le temps d’analyser le rapport entre les notes écrites en clé de fa et le chiffrage d’accords correspondant : cette compréhension renforcera votre maîtrise harmonique. Notez que ce motif de main gauche, une fois assimilé, sera réutilisé dans les deux thèmes qui suivent cette introduction.

Commencez ensuite à répéter en boucle la main droite des 4 premieres mesures pour definir les doigtés, les rythmes et le phrasé de la premiere phrase du théme. Tentez alors de la synchroniser avec la main gauche correspondant au 4 premieres mesures de l’introduction .
Répéter cette section jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement automatique et précise, rappelant la définition du « groove » mentionnée ci-dessus.
Ensuite, faites de même pour la phrase suivante de 4 mesures allant jusqu’au debut de la mesure 25. Puis, reprenez depuis le début jusqu’à la mesure 25 pour lier les deux phrases.
Nous progresserons dans le morceau en suivant le même principe, en travaillant sur de petites parties que nous assemblerons pas à pas jusqu’à obtenir le groove, en insistant sur la précision des rythmes, des phrasés et des accents.
Des mesures 49 à 63, vous avez 12 mesures pour écrire une improvisation sur les accords chiffrés.
- Commencez par examiner la logique de la grille d’accords. Il s’agit d’une suite de 4 accords répétée 3 fois dans 3 tonalités différentes, chaque tonalité se trouvant une quinte au-dessus de la précédente, suivie de 2 accords permettant de revenir vers le troisième thème.
- Vous pouvez composer une ligne mélodique sur les 4 premiers accords, puis la transposer une quinte au-dessus ou une quarte en dessous pour les 4 accords suivants, et répéter ce système encore une fois pour les 4 accords suivants.
- Ou vous pouvez composer une ligne mélodique sur les 12 accords.
- Les notes de la main gauche sont données à titre d’exemple et peuvent être modifiées pour mieux s’adapter à votre ligne mélodique.


- Procédez comme précédemment pout jouer le dernier thème.
- L’idéal, dans la situation où il y a trois mêmes thèmes dans un morceau, est de créer une différence entre chacun d’eux pour donner plus de vie à l’ensemble.
2- interprétation
tempo :
La notion de tempo dans un morceau lié au groove fait appel à la notion de métronome intérieur. Seules la répétition, l’expérience et la possibilité de jouer avec une section rythmique (basse-batterie) aideront à l’acquisition d’un tempo régulier intégrant la notion de temps fort sur le 2 et le 4 (after beat).
Le métronome pourrait être utile dans un premier temps, mais l’acquisition d’une boîte à rythmes ou d’un programme de batterie sur votre ordinateur sera la meilleure option.
phasé :
La MG légato ou un peu staccato pourrait être une option dans ce morceau, la MD doit toujours être à la recherche de notes dynamiques très précises pour les anticipations.
pédale :
La pédale de sustain sera utile, prévoir une pédale par mesure mais ne jamais mélanger 2 harmonies différentes.
nuances :
Le Machu Picchu est une ancienne cité inca du XVe siècle au Pérou, perchée sur un promontoire rocheux à 2400 mètres d’altitude.
L’image d’une cité perdue au milieu des nuages, éloignée de toute civilisation et empreinte de la culture inca et de leurs croyances, pourrait être celle que l’on tente de représenter dans l’interprétation de ce morceau. De nombreuses phrases peuvent être nuancées, et il serait intéressant de réaliser des exercices pour comparer les différentes options possibles, tout en conservant cette idée de calme, de sérénité et d’isolement.
La notion de nuance inclut également celle de dynamique et d’accentuation : certaines notes peuvent être accentuées, et une section entière peut avoir une dynamique plus forte ou plus faible.
3- improvisation
gammes :
La tonalité du morceau, représentée par les trois bémols à la clé, correspond soit à la tonalité de Mib majeur, soit à son relatif mineur, Do mineur. En regardant à la fin du morceau, on s’aperçoit que le dernier accord est Mib majeure, ce qui définit la tonalité générale du morceau.
Les 16 accords constituant la grille (mot qui définit la suite des accords) sont décrits ci-après. L’accord de Ab Maj7 utilisera la 11# (Ré bécarre) pour s’intégrer à la tonalité, et l’accord de G-7 intégrera sa 9ème naturelle.
L’accord diminué, représenté par le chiffrage Bo7, est en théorie la division en quatre parties égales de l’octave, soit une succession de tierces mineures. Deux gammes seront possibles sur ce type d’accord :
La gamme : ton – demi ton – ton – demi ton – ton – demi ton.
La gamme : demi ton – ton – demi ton – ton – demi ton – ton.

Pour commencer l’improvisation dans Mach Pichu, commencez par vous exercer à jouer la gamme de Mib majeure sur la grille de main gauche automatique, de manière horizontale.
Lorsque la main droite atteint une certaine indépendance dans les rythmes de noires, croches ou plus rapides, comme des triolets de croches ou même des doubles croches, commencez à créer des phrases avec un sens mélodique. Intégrez des espaces entre les phrases, des variations dans les rythmes utilisés, et des accents, tout en gardant la main gauche régulière. Elle servira de métronome durant l’improvisation.
La troisième étape consistera à bien écouter chaque son de la gamme sur chaque accord pour déterminer la couleur de chaque note. Essayez de trouver d’autres notes à l’oreille qui n’appartiennent pas à la gamme mais qui vous conviennent pour illustrer un sentiment particulier.
L’étape suivante consistera à reprendre la deuxième étape, en improvisant des mélodies avec un maximum de variations dans les rythmes et les phrasés. Visez les notes intéressantes découvertes à l’étape 3.
Mémorisez bien toutes les mélodies ainsi trouvées en les répétant plusieurs fois, afin d’être en mesure de les réciter lors d’une répétition ultérieure. Il serait judicieux de les noter dans un cahier pour être sûr de les retrouver si un laps de temps important s’écoule entre deux sessions de travail.
Une autre méthode consiste à créer une mélodie extrêmement simple à la ronde, puis à élaborer des phrases mélodiques allant d’une note à l’autre. Cela garantit la cohérence générale sur l’ensemble des 16 mesures.


phrases :
Tentez au début des phrases courtes sans perdre la régularité de la main gauche ni le groove. Ensuite, essayez des phrases plus longues avec des espaces de silence. Variez les rythmes en utilisant des noires, des croches, des triolets, et peut-être même des phrases sous forme de gammes rapides.
Les phrases décalées dans l’espace de la mesure, en utilisant les accords basés sur les extensions, donneront une couleur plus moderne.
accords :
Il est possible de jouer les mélodies MD en octave pour donner plus de présence, ou de jouer des accords en utilisant les notes de la gamme ou les extensions 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – 11- 11# – 13 – .
Une autre solution consiste à harmoniser la mélodie.

D’autres accords sont possibles et peuvent intégrer les notes étrangères étudiés dans le chapitre gammes 3ème étape.
Variations pour la MG
Lors de l’improvisation, la ligne mélodique de la main gauche, définie dans le thème, est un bon point de départ. Cependant, il est important de l’enrichir pour créer une improvisation plus variée. Les exemples ci-dessous ne sont que quelques possibilités parmi une multitude de solutions.
L’ accord constitué de tonique, quinte et tierce est assez simple à réaliser.
Une basse constituée de la tonique reprise à l’octave avec le pouce permettra encore plus de liberté pour la main droite improvisant.
Des accords de base en rondes ou arpégés seront assez faciles à réaliser aussi.
Beaucoup d’autres solutions sont possibles…

4- structure du morceau
introduction :
Commencez par jouer l’introduction écrite sur 16 mesures pour bien définir l’ambiance et la nuance générale du morceau, ainsi que son tempo.
theme :
Jouez les deux premiers thèmes tel qu’écrit.
Interprétez le deuxième thème de façon plus libre.
Ensuite, jouez votre recherche sur l’improvisation des mesures 49 à 63. Celle-ci doit introduire le troisième thème.
Jouez le troisième thème avec une interprétation qui doit vous conduire vers l’improvisation sur un cycle basé sur les 16 mesures de l’introduction.
improvisation :
L’improvisation doit être structurée en intégrant deux ou trois idées travaillées lors des répétitions.
Par exemple :
- Première partie : Introduisez une nouvelle mélodie sur les accords du thème, s’étendant sur les 16 mesures.
- Deuxième partie : Explorez des accords différents pour apporter de la variété.
- Troisième partie : Adoptez un rythme plus soutenu avec un plus grand nombre de notes.
- Quatrième partie : Revenez à la construction et à l’ambiance de la première partie pour conclure.
Autre exemple :
- Première partie : Introduisez une nouvelle mélodie tres simple sur les accords du thème, s’étendant sur les 16 mesures.
- Deuxième partie : Adoptez un rythme plus soutenu avec un plus grand nombre de notes.
- Troisième partie : Entrer dans une ambiance beaucoup plus calme donnant l’ impression d’ un lieu isolé, la main gauche utilisant une basse constituée de la tonique reprise à l’octave avec le pouce sera une bonne option
- Quatrième partie : Revenez à la construction et à l’ambiance de la première partie pour conclure.
L’ensemble doit prendre la forme d’un crescendo régulier jusqu’à un point culminant appelé « climax » en fin de deuxième partie, suivi d’un decrescendo rapide pour entrer dans la troisième partie, puis se stabiliser jusqu’au retour au thème.
Pour assurer une transition fluide vers le thème, essayez de revenir à la première idée avec des phrases simples, créant ainsi un lien naturel avec le retour au thème.
theme :
Retour au 2 thèmes jusqu’à la mesure 48.
fin ou coda :
Vous pouvez choisir de terminer votre morceau en vous arrêtant comme écrit sur la partition, ou bien trouver une fin à votre convenance en suivant les principes suivants : ralentir le tempo, jouer de moins en moins fort, utiliser un accord de fin simple ou légèrement surprenant.