


La Martinique est le berceau d’une musique résolument festive et envoûtante : la biguine. Bien plus qu’un simple genre musical, la biguine incarne l’essence même de la culture antillaise. Née à la fin du XIXe siècle, elle puise ses racines dans le métissage des rythmes africains, des danses européennes comme la polka ou la valse, et des sonorités créoles, pour devenir la musique de fête par excellence.
« Little Big Man » est à la fois la mémoire d’un voyage en Martinique et le témoignage d’une amitié sincère ; il rappelle que la biguine n’est pas seulement une musique : c’est une histoire, une émotion, un pont entre les cœurs et les cultures.
Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale
La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.
La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.
Définition du « groove »
Le piano est un instrument de percussion.
La définition du terme « groove » est complexe et difficilement traduisible en un seul mot en français. Il désigne la précision particulière d’un rythme régulier et répétitif, souvent binaire, qui peut évoquer la performance d’un batteur dans une musique entraînante et propice à la danse.
1- Déchiffrage
Structure du morceau :
Ce morceau s’articule autour de deux grandes parties : le thème et l’improvisation.
Pour aborder le thème efficacement, commencez par automatiser la ligne répétitive (ostinato) de la main gauche. Cette étape est essentielle pour libérer votre attention et vous concentrer ensuite sur la mélodie.

On commencera par une étude des gammes possibles pour cette improvisation sur l’introduction.

L’improvisation sur un accord dans le style jazz swing ne se limite pas à l’utilisation des gammes et des arpèges correspondants. Elle repose avant tout sur la construction d’une mélodie expressive, où les approches chromatiques jouent un rôle essentiel. Ces approches, en créant des tensions et des résolutions, apportent cette couleur si caractéristique du swing et du jazz, tout en soulignant la structure harmonique de l’accord.

THEME:
La mise en place de ce thème se fera de manière progressive : dans un premier temps, on automatisera une petite partie de la main droite, puis on ajoutera l’ostinato de la main gauche. On avancera ainsi étape par étape, jusqu’à la maîtrise complète du thème.
Lors de ce travail, il est crucial de maintenir le mouvement de la main gauche sans interruption, afin de conserver la pulsation et l’équilibre rythmique du morceau.
Pour aborder les passages rapides avec rigueur, je recommande de travailler systématiquement au métronome, en prenant appui sur la stabilité rythmique de la main gauche. Ne pas hésitez à commencer lentement puis accélérer.

Improvisez entre la mesure 17 et 21 (comme dans l’introduction) avec une main gauche sur l’ostinato à la noire puis, allez jusqu’au bout du thème..
2- interprétation
« Darius » est une pièce composée en 1991, inspirée par la simplicité d’une phrase répétitive à la main gauche et d’un thème placé dans l’espace sonore. Cette base rythmique et harmonique permet d’improviser une infinité d’idées à la main droite. C’est ce concept que nous allons explorer et mettre en pratique dans ce morceau.
tempo :
La notion de tempo dans ce type de morceau repose sur le développement du métronome intérieur et sur l’automatisation complète de la main gauche.
Un métronome peut s’avérer utile dans un premier temps pour installer la pulsation et stabiliser le rythme. Cependant, l’acquisition d’une boîte à rythmes ou d’un logiciel de batterie sur ordinateur constituera la solution la plus efficace pour travailler cette pièce de manière dynamique et créative.
phrasé :
Dans l’introduction, privilégiez un phrasé très swing, avec des contretemps et des petites phrases avec des approches chromatiques.
Pour le thème lui-même, inspirez vous des phrasés écrit et des accents ou tenutos. La mélodie doit se détacher avec plus d’intensité et de netteté, afin de trancher clairement avec l’ostinato régulier et mécanique de la main gauche.
pédale :
L’utilisation de la pédale de sustain ne sera pas vraiment utile dans un esprit swing, mais intéressant dans la longue phrase en tenuto de la mesure 21 à 25 et après 27.
nuances :
Dans cette pièce, les nuances ne concernent pas que le volume : elles incluent aussi la dynamique et les accents. Pour l’introduction, jouez en piano avec des accents. À l’arrivée du thème, marquez bien les contrastes : les piano doivent être très doux, les forte très marqués, sans retenue. Enfin, le crescendo à la mesure 17 doit être très net et progressif.
3- improvisation
gammes et accords :
Main gauche: improvisation
L’improvisation proposera 2 possibilités pour la main gauche: des accords ou un walkin’
On pourra utiliser plusieurs types d’accords :
les accords simples ou en renversement ;
les accords avec extensions ;
les accords modaux, donnant une couleur plus mystérieuse.

Le walking bass à la main gauche est une étape essentielle pour tout pianiste souhaitant aborder le style jazz. Il s’agit d’une ligne de basse rythmée à la noire, jouée par la main gauche, qui utilise les notes de l’accord en y intégrant des chromatismes pour créer du mouvement. La seule règle à respecter est de toujours retomber sur la fondamentale de l’accord (la tonique) à chaque premier temps de mesure. Dans le cas d’un cycle de plusieurs mesures identiques, on peut aussi choisir de jouer cette fondamentale toutes les deux mesures pour varier le phrasé.
Pour la gamme de référence, privilégiez le Ré mineur naturel ou aeolien (ré, mi, fa, sol, la, si♭, do, ré) ou ré dorien (ré, mi, fa, sol, la, si, do, ré), qui apporte une couleur à la fois mineure et lumineuse, idéale pour improviser en offrant une grande liberté mélodique.

Pour varier les sonorités et enrichir, explorez aussi d’autres gammes mineures apparentées :
- Ré mineur harmonique (ré, mi, fa, sol, la, si♭, do#, ré) : avec sa septième note relevée, plus mystérieuse, plus orientale.
- Ré phrygien (ré, mi♭, fa, sol, la, si♭, do, ré) : plus secrète, grâce à sa seconde mineure.
N’hésitez pas à mélanger ces gammes en inserant des chromatismes.
Main droite: improvisation
Topos des gammes disponibles

La seconde piste d’improvisation dans un esprit jazz et un tempo rapide sera d’utiliser les approches chromatiques afin de viser une note appartenant à l’accord ou à une extension intéressante de cet accord.

Improviser des phrases en octave est aussi une option intéressante.
Accords
Pour élargir la palette harmonique à la main droite, explorez les accords modaux, typiques d’une période du jazz où l’on exploite les modes pour créer des couleurs harmoniques riches et ouvertes. Dans notre contexte, le ré mineur dorien (ré, mi, fa, sol, la, si, do) est le mode dorien de do majeur.
Pour renforcer cette couleur modale, utilisez des accords construits par superposition de tierces et de quartes (quarte et tierce, tierce et quarte, ou tierce et tierce), qui apportent une sonorité plus douce et nuancée.

D’autres accords, plus surprenants, permettront également de varier les couleurs de l’harmonie.

L’audace harmonique révolutionnaire de Darius Milhaud, notamment sa polytonalité, ne saurait bien entendu faire l’objet de notre étude ; en revanche, ses approches chromatiques des accords pourraient servir d’introduction à cette idée.

L’improvisation peut s’organiser comme une courbe narrative, menant vers un climax. Intégrez des événements aléatoires et surprenants..
Une structure possible : une première partie très calme, une cassure brutale, une deuxième partie très agitée, une troisième partie apaisée, comme un retour au calme.
Bien d’autres constructions sont envisageables. L’essentiel est de respecter une logique de développement, une architecture qui guide l’auditeur à travers le discours musical.
phrases :
Ici, le phrasé se joue des contrastes et des surprises. Il alterne rapidement ou lentement entre des phrases rapides très légato et fluides, des accords staccato aux nuances variées, et des mélodies de longueurs inégales.
L’idée est de créer une impression d’imprévisibilité, chaque note, chaque silence, chaque changement de dynamique ou de rythme participe à cette sensation de mouvement. Les possibilités sont infinies, mais c’est cette diversité même qui donne vie à une improvisation entre ordre et chaos.
4- structure du morceau
introduction :
L’introduction est déjà définie ; commencez directement par cette introduction, qui consiste en une improvisation de 8 mesures (ou plus) sur l’accord de ré mineur 7.
theme :
Commencez par jouer la structure écrite des 2 thèmes et allez directement vers l’improvisation.
improvisation :
Structurez votre improvisation comme décrit dans le chapitre précédent et trouvez une méthode pour pouvoir reprendre directement sur le thème.
theme :
Jouez le thème 1 ou deux fois.
fin ou coda :
La fin consistera à jouer les deux premières mesures du thème et à faire un point d’orgue sur la ronde, jouée piano ; l’interprète reste cependant libre de conclure selon son inspiration personnelle, pour une fin plus personnelle et expressive.