


Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale
La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.
La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.
Définition du « groove »
Le piano est un instrument de percussion.
La définition du terme « groove » est complexe et difficilement traduisible en un seul mot en français. Il désigne la précision particulière d’un rythme régulier et répétitif, souvent binaire, qui peut évoquer la performance d’un batteur dans une musique entraînante et propice à la danse. Il sera la clé de voûte de l’interprétation dans Langkawi.
1- Déchiffrage
Commencez par jouer de manière verticale les deux premières mesures jusqu’au premier temps de la troisième mesure. Pensez bien à interpréter l’anticipation (MG DO, MG LAb). Jouez cette section jusqu’à ce qu’elle devienne automatique.
Faites de même ensuite jusqu’à la quatrième mesure, et ainsi de suite, mesure par mesure, jusqu’à la fin des 16 premières mesures qui constituent le thème principal.
Commencez ensuite à répéter cette section jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement automatique et précise, rappelant la définition du « groove » mentionnée ci-dessus.
La deuxième partie du morceau (16 mesures) est identique à la première, mais il sera intéressant de l’interpréter de manière plus libre, en variant légèrement les rythmes et les dynamiques.
À partir de la mesure 33, recommencez le déchiffrage vertical mesure par mesure, en avançant progressivement. Cette partie servira de pont entre les deux premiers thèmes et le troisième.
Interprétez ensuite le troisième thème de manière encore plus libre, afin d’entrer dans l’improvisation sans marquer d’arrêt dans la continuité de la grille de quatre accords.
2- interprétation
tempo :
La notion de tempo dans un morceau lié au groove fait appel à la notion de métronome intérieur. Seules la répétition, l’expérience et la possibilité de jouer avec une section rythmique (basse-batterie) aideront à l’acquisition d’un tempo régulier intégrant la notion de temps fort sur le 2 et le 4 (after beat).
Le métronome pourrait être utile dans un premier temps, mais l’acquisition d’une boîte à rythmes ou d’un programme de batterie sur votre ordinateur sera la meilleure option.
phasé :
La MG légato ou un peu staccato pourrait être une option dans ce morceau, la MD doit toujours être à la recherche de notes dynamiques très précises pour les anticipations.
pédale :
La pédale de sustain sera utile, prévoir une pédale par mesure mais ne jamais mélanger 2 harmonies différentes.
nuances :
Langkawi est une petite île en Malaisie. L’image de plages calmes et de couchers de soleil pourrait être celle que l’on tente de représenter dans l’interprétation de ce morceau. De nombreuses phrases peuvent être nuancées, et il serait intéressant de faire des exercices pour comparer les options possibles tout en gardant cette idée de calme et de sérénité.
La notion de nuance intègre également celle de dynamique et d’accent : certaines notes peuvent être accentuées, et une section entière peut avoir une dynamique plus forte ou plus faible.
3- improvisation
gammes :
La tonalité du morceau, représentée par les trois bémols à la clé, correspond soit à la tonalité de MI♭ majeur, soit à son relatif mineur, DO mineur. En regardant à la fin du morceau, on s’aperçoit que le dernier accord est DO mineur, ce qui définit la tonalité générale du morceau.
Les quatre accords constituant la grille sont : C-7 (DO mineur 7), C-7/SI♭ (DO mineur 7 dont la basse est un SI♭), LAbMaj7 (LAb majeur 7) et enfin SOL7 (SOL 7).

1- Jouez la gamme de DO mineur 7 en montant et en descendant sur plusieurs octaves, d’abord à la noire, puis à la croche. Vous pouvez également tenter une vélocité plus grande, comme la double croche.
Si vous avez du mal à jouer la gamme en gardant la main gauche régulière, commencez par jouer sur cette main gauche une seule note à la main droite, en la répétant à la noire, à la croche et en commençant à improviser sur des rythmes. Ensuite, essayez le même exercice avec deux notes, puis trois, jusqu’à pouvoir jouer la gamme complète.
Une fois que les doigtés sont automatiques, jouez avec la main gauche sur les quatre accords de manière horizontale. Notez que les notes sur G7 sont un peu différentes. Il sera intéressant d’utiliser la MG entre la mesure 13 et 17 pour cet exercice.
Commencez à créer des phrases courtes ou des mélodies qui pourront être répétées.
2- Dans un deuxième temps, commencez à rechercher les notes extérieures à la gamme qui apportent une couleur différente pour enrichir les points d’arrivée de la mélodie. Faire des essais sera la meilleure méthode pour leur choix.

3- Il sera possible aussi de jouer d’autres notes que cette gamme, faire des essais et former son oreille sera la meilleure méthode pour leur choix.
phrases :
Tentez au début des phrases courtes sans perdre la régularité de la main gauche ni le groove. Ensuite, essayez des phrases plus longues avec des espaces de silence. Variez les rythmes en utilisant des noires, des croches, des triolets, et peut-être même des phrases sous forme de gammes rapides.
Les phrases décalées dans l’espace de la mesure, en utilisant les accords basés sur les extensions, donneront une couleur plus moderne.
accords :
Il est possible de jouer les mélodies MD en octave pour donner plus de présence, ou de jouer des accords en utilisant les notes de la gamme ou les extensions 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – 11 – 13 – .

D’autres accords sont possibles et peuvent intégrer les notes étrangères étudiés dans le chapitre gammes section3.
Variations pour la MG
Dans l’improvisation, la ligne mélodique définie dans le thème est un bon point de départ. Cependant, il est important de l’enrichir pour créer une improvisation plus variée. Les exemples ci-dessous ne sont que quelques possibilités parmi une multitude de solutions.

4- structure du morceau
introduction :
La solution la plus simple est de commencer à jouer le premier thème, d’autres solutions sont possibles au libre choix de l’interprète.
theme :
Jouez le premier thème tel qu’écrit.
Interprétez le deuxième thème de façon plus libre.
À la mesure 33, jouez comme écrit.
Ensuite, interprétez le dernier thème encore plus librement de manière à entrer dans la partie improvisation.
improvisation :
L’improvisation doit être structurée, en intégrant deux ou trois idées travaillées lors des répétitions. Par exemple :
- Une première partie avec une nouvelle mélodie sur les accords du thème, s’étendant sur 4, 8 ou 16 mesures.
- Une deuxième partie explorant des accords différents.
- Une troisième partie avec une ligne mélodique différente de celle de la partition.
Pour assurer une transition fluide vers le thème, essayez de revenir à la première idée avec des phrases simples, créant ainsi un lien naturel avec le retour au thème.
theme :
Retour au thème 1 fois et jouer pour finir les 2 dernières lignes de la partition et éventuellement ralentir un peu avant de terminer.
fin ou coda :
Jouer pour finir les 2 dernières lignes de la partition et continuer la MG seule, éventuellement ralentir sur la MG seule un peu avant de terminer.
Un accord de fin serait aussi une solution. On peut s’inspirer des accords avec extensions avec une MG en C.
