Méthode sur La Fenice

Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale

La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.

La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.

1- Déchiffrage

Pour commencer ce déchiffrage, nous allons nous concentrer sur la main gauche, composée de croches.

La première étape consiste à déterminer les doigtés les plus adaptés. Je vous proposerai un doigté classique, mais n’hésitez pas à l’ajuster selon la morphologie de votre main : un autre doigté pourrait en effet s’avérer plus confortable pour vous.

Ensuite, il faudra automatiser l’enchaînement des notes et des doigtés de la main gauche sur l’ensemble du morceau.

La troisième étape consistera à entamer le déchiffrage de la main droite. Je vous conseille de commencer par la mélodie, c’est-à-dire la voix supérieure, afin de bien la distinguer et de la maîtriser avant d’ajouter les autres éléments.

Une fois la mélodie bien mémorisée, commencez à ajouter, sur les premiers temps de chaque mesure, les notes supplémentaires qui constituent la deuxième voix et l’harmonie. Cette approche progressive vous permettra d’intégrer peu à peu la richesse harmonique sans perdre de vue la ligne mélodique principale.

Pour finaliser le morceau, commencez à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG). Cette étape doit se faire mesure par mesure en essayant de mémoriser la musique au fur et à mesure de la progression dans le morceau. L’objectif est d’assurer une coordination fluide et précise entre les deux mains, afin de restituer l’œuvre dans son intégralité.

Exercice pour travailler la coordination main gauche (croches) et main droite (triolets de noires)

Répétition en boucle : Jouez une mesure de main gauche en boucle.

Ajout progressif : Superposez des triolets de noires sur une seule note à la main droite.

Complexification : Remplacez la note unique par une ligne mélodique à la main droite.

Pour ce morceau, je vous conseille de l’apprendre par cœur. Cela vous permettra d’éviter la dépendance à la partition, qui peut limiter votre liberté d’interprétation en sollicitant inutilement votre attention et en ajoutant une charge cognitive supplémentaire.

2- interprétation

tempo :

La main gauche, à la croche, servira de métronome dans ce morceau. Une légère variation du tempo sera possible au service de la voix mélodique de la main droite.

phasé :

Pour ce morceau, la main gauche pourrait être jouée très legato, ce qui apporterait une belle continuité sonore. La main droite, quant à elle, interprétera la mélodie avec une nuance légèrement plus marquée que celle de la main gauche. Le défi réside dans l’équilibre entre les deux voix : il s’agit de faire ressortir la mélodie (première voix) tout en gardant présente, mais plus discrète, la deuxième voix (harmonique).

pedale :

La pédale de sustain peut enrichir la phrase harmonique de la main gauche en créant des liaisons plus fluides. Attention cependant :

Relâchez-la systématiquement à chaque changement d’harmonie pour éviter la superposition des accords.

Soyez à l’écoute : vérifiez que la main droite reste claire et distincte, sans effet de confusion.

nuances :

La Fenice, l’un des trois plus beaux théâtres d’Italie, a accueilli des opéras de toutes les époques. Deux fois ravagé par les flammes – dont un incendie criminel –, ce lieu majestueux porte en lui la trace d’une histoire à la fois glorieuse et douloureuse. Ce morceau cherche à en capturer la beauté tout en évoquant la mélancolie de son passé.

D’un point de vue musical, l’œuvre est principalement écrite dans une nuance piano, invitant à une interprétation délicate et introspective. C’est en parcourant le morceau dans son intégralité que l’interprète pourra identifier les passages à mettre en valeur par des nuances plus marquées, ainsi que les crescendos et decrescendos nécessaires pour en révéler toute la profondeur expressive.

3- improvisation

gammes :

Il est possible d’envisager ce morceau sans improvisation, en se limitant à une interprétation fidèle de la partition originale, jouée une seule fois.

Mais je recommande d’expérimenter une forme d’improvisation en conservant la main gauche conforme à la partition. À la main droite, on peux inventer une nouvelle mélodie, enrichie d’une seconde voix d’harmonisation simple, composée à l’oreille. Inspire-toi du langage harmonique et des procédés utilisés dans la composition originale. Il peut être particulièrement intéressant de créer une improvisation « fixe » — c’est-à-dire une version écrite ou mémorisée — que tu interprètes et fais évoluer au fil des répétitions, que ce soit pour toi-même ou lors de prestations publiques.

Il serait sans doute judicieux de composer cette nouvelle mélodie et de l’écrire pour pouvoir l’utiliser ultérieurement.

L’improvisation peut également consister à improviser sur la mélodie existante, en paraphrasant les notes, en en ajoutant ou en modifiant les durées ou les rythmes.

phrases :

Gardez à l’esprit un phrasé très legato avec des silences en fin de phrase.

accords :

Il est possible de jouer les mélodies de la main droite à l’octave pour leur donner plus de présence, ou de jouer des accords basés sur les harmonies de la main gauche. Ces accords peuvent être composés des notes de base ou des accords et de leurs extensions.

4- structure du morceau

introduction :

« Entrée directe dans le thème, sans introduction. Pour une immersion immédiate dans l’émotion et l’histoire de La Fenice. »

theme :

jouer le thème une fois avec les reprises, avec des variations dans l’interprétation.

improvisation :

L’improvisation doit être construite et équilibrée. Vous pouvez :

  • Soit improviser une nouvelle mélodie sur 24 mesures,
  • Soit développer une improvisation plus longue sur 2 x 24 mesures (idéal pour une approche progressive). Dans ce cas, la deuxième partie peut s’ouvrir à une main gauche plus libre, pour apporter plus de variation et de contraste.

Pour la transition vers le retour au thème : Revenez à l’idée initiale avec des phrases simples et épurées, afin d’assurer une transition naturelle et fluide.

theme :

Retour au thème 1 seule fois avec la reprise.

fin ou coda :

La coda de ce morceau est notée dans la sortie n°2. Elle s’achève par un rallentissement progressif, menant naturellement à la fin de la pièce.