


Plongé au cœur de la région d’Aceh, en Indonésie, le parc national de Ketambe est un sanctuaire préservant une cinquantaine d’orangs-outans dans leur habitat naturel. Leurs mouvements gracieux et leurs danses envoûtantes ont inspiré ce morceau au rythme entraînant du ragtime, mêlant l’énergie de la jungle à l’élégance musicale.
« Le ragtime ne doit jamais être joué vite ; il faut un tempo modéré, car c’est une musique d’élégance et de précision, non de hâte (not too fast) », écrivait Scott Joplin (1868, Texas – 1917, New York, pianiste et compositeur américain, compositeur de nombreux ragtimes), dans ses instructions aux interprètes.
Jelly Roll Morton (Ferdinand Lamothe, 1890, La Nouvelle-Orléans – 1941, Los Angeles, pianiste et chanteur de jazz afro-américain) disait, dans ses propres mots :
« Quand tu joues du ragtime, il faut que ça swingue, pas comme une machine. Moi, je ne jouais jamais les morceaux comme ils étaient écrits, parce que si tu les joues trop droits, ça devient ennuyeux. J’ai toujours ajouté un peu de blues, un peu d’espagnol, et surtout, il faut que la main gauche grogne et que la main droite chante. Et n’oublie pas : si tu ne peux pas le danser, c’est que tu ne le joues pas bien ! »
Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale
La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.
La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.
1- Déchiffrage
La tonalité de ce morceau est indiquée à l’armure sans altération, ce qui correspond soit à Do majeur, soit à La mineur. Pour déterminer précisément la tonalité, il suffit d’analyser la dernière mesure. Nous pouvons donc en conclure que la tonalité est Do majeur.
Le déchiffrage d’un ragtime repose souvent sur la maîtrise des principes de synchronisation horizontale et verticale, selon la partie concernée.
Synchronisation horizontale
Il est conseillé de commencer par travailler la main droite seule, puis la main gauche seule, jusqu’à obtenir une automatisation parfaite sur une section courte. Ce n’est qu’ensuite qu’on associera les deux mains sur ce même passage.
Synchronisation verticale
On avancera les deux mains ensemble dans la partition, par petites parties n’excédant pas une mesure, en veillant à répéter d’abord chaque main séparément. Cela permet de bien entendre le résultat final de chaque main.
Des exercices préparatoires seront réalisés pour s’habituer à placer les rythmes caractéristiques de la main gauche, typiques du ragtime, ainsi que ceux de la main droite, inspirés du style cubain.
Structure :
Le thème est joué deux fois, suivi d’un pont, puis le thème est repris une fois. Viennent ensuite six improvisations, avant une dernière reprise du thème.
Thème :


Poursuivez le déchiffrage de l’ensemble du thème en appliquant la méthode qui vous convient le mieux étape par étape.
Improvisation :
Dans l’improvisation, il faut commencer par automatiser le système du montuno cubain de la main droite pour pouvoir l’adapter, d’une part à la mélodie et, d’autre part, à l’harmonie.
Ensuite, procéder de façon horizontale après avoir automatisé et mémorisé la partie répétitive de la main gauche.


Terminez le déchiffrage des improvisations en suivant la même méthode.
La mise en place de la synchronisation des deux mains de façon horizontale vous aidera beaucoup pour la partie improvisation, dans laquelle vous allez devoir composer votre propre improvisation dans le même style.
2- interprétation
tempo :
« Le ragtime ne doit jamais être joué vite ; il faut un tempo modéré, car c’est une musique d’élégance et de précision, non de hâte. » écrivait Scott Joplin, dans ses instructions aux interprètes.
La notion de tempo dans un morceau lié au groove fait appel à la notion de métronome intérieur. Seules la répétition, l’expérience et la possibilité de jouer avec une section rythmique (basse-batterie) aideront à l’acquisition d’un tempo régulier intégrant la notion de temps fort sur le 2 et le 4 (after beat).
Le métronome pourrait être utile dans un premier temps, mais l’acquisition d’une boîte à rythmes ou d’un programme de batterie sur votre ordinateur sera la meilleure option.
phasé :
« Quand tu joues du ragtime, il faut que ça swingue, pas comme une machine. Moi, je ne jouais jamais les morceaux comme ils étaient écrits, parce que si tu les joues trop droits, ça devient ennuyeux. J’ai toujours ajouté un peu de blues, un peu d’espagnol, et surtout, il faut que la main gauche grogne et que la main droite chante. Et n’oublie pas : si tu ne peux pas le danser, c’est que tu ne le joues pas bien ! »
Jelly Roll Morton (Ferdinand Lamothe, 1890, La Nouvelle-Orléans – 1941, Los Angeles, pianiste et chanteur de jazz afro-américain.
La MG un peu staccato pourrait être une option dans ce morceau, la MD doit toujours être à la recherche de notes dynamiques très précises pour les anticipations.
pédale :
La pédale de sustain sera utile, prévoir une pédale par mesure mais ne jamais mélanger 2 harmonies différentes.
nuances :
La notion de nuance inclut également celle de dynamique et d’accentuation : la mélodie doit être accentuée par rapport aux notes de l’harmonie, et une section entière peut avoir une dynamique plus forte ou plus faible.
3- improvisation
Proposition :
Il y a 6 improvisations écrites dans ce morceau.
L’ exercice que je propose sera d’en écrire d’autres afin de pouvoir interpréter ce morceau en variant les improvisations au gré de son imagination, en intégrant vos propres improvisations, quitte à supprimer certaines des improvisations proposées dans la partition. Inspirez vous de la construction mélodique des improvisations déjà écrites pour trouver votre inspiration.
La tonalité du morceau, sans altération à l’armure, correspond à la tonalité de Do majeur. L’improvisation dans le style cubain sera basée sur une simple grille allant du 5e degré (G7) à la tonique (C), suivie d’une partie écrite comme un pont avec une petite modulation qui permet de revenir à la tonalité.
La méthode la plus simple pour composer ces improvisations sera de jouer en boucle le pattern de main droite, en choisissant une note de mélodie de départ et en découvrant la suite naturellement, en se laissant guider par son instinct et par une longue répétition, jusqu’à trouver une suite mélodique simple mais dansante. Celle-ci pourra être terminée par une phrase modulant légèrement, qui ramènera vers la tonalité, comme dans les exemples déjà écrits.
Je note la construction et l’harmonie du pont entre les improvisations. Vous pouvez essayer de trouver le vôtre, vous aussi.


phrases :
Composer une mélodie simple et dansante n’est pas toujours facile à expliquer avec des mots, mais deux principes fondamentaux peuvent guider sa création.
Premier principe : structurez votre mélodie comme un dialogue. Commencez par une première phrase sous forme de question, suivie d’une seconde qui lui répond. La phrase « question » se terminera souvent par une note interrogative, comme la quinte (voire la tierce ou la septième), tandis que la phrase « réponse » aboutira naturellement sur la tonique, créant ainsi une sensation de résolution.
Second principe : pensez à la danse. Dans ce style, la mélodie gagne en fluidité grâce à la simplicité et au jeu entre deux ou plusieurs notes qui se répondent, comme une conversation, pour aboutir à une note finale qui conclut la phrase. En combinant cette idée au premier principe, vous obtiendrez une mélodie à la fois ludique, dynamique et irrésistiblement dansante.
Prenez le temps d’essayer de comprendre dans les 6 improvisations quel est le système utilisé pour la construction de ce dialogue.

accords :
Les accords seront simples:
en Sol7: sol, si, ré et fa
en Do: do, mi et sol
Variations pour la MG
Dans le style ragtime, chaque mesure suit généralement une construction précise :
- Premier temps : une basse jouée dans le grave, parfois doublée à l’octave.
- Deuxième temps : un accord de trois notes, placé au centre du clavier, sous le do4.
- Troisième temps : la quinte de la tonalité de l’accord dans le grave.
- Quatrième temps : un accord identique à celui du deuxième temps, ou un renversement différent pour varier la sonorité.
Pour faciliter l’apprentissage, j’ai choisi de simplifier les accords des deuxième et quatrième temps. Cette approche permet aux débutants de se concentrer sur la rythmique et la mélodie, tout en laissant aux interprètes plus expérimentés la liberté d’enrichir ces accords selon leur niveau et leur créativité.

4- structure du morceau
introduction :
Souvent, les compositeurs écrivent une introduction de quelques mesures avant le thème principal du ragtime. Dans ce morceau, il n’y a pas d’introduction. Vous pouvez en créer une en s’inspirant de ce qu’a fait Scott Joplin dans ses compositions, ou bien commencer directement par le thème.
theme :
Jouez les 2 thèmes, le pont puis 1 thème pour arriver dans la partie improvisation.
improvisation :
L’improvisation est libre, tant dans le nombre de mesures que dans le choix entre les parties écrites et celles que vous aurez composées. Cependant, il serait judicieux de commencer et de terminer l’ensemble par l’improvisation n°1 écrite, car elle s’enchaîne naturellement après l’introduction et avant le dernier thème.
theme :
Revenez au thème une seule fois.
fin ou coda :
La fin écrite s’inspire du style classique des conclusions de ragtime. Si vous souhaitez opter pour une autre formule, toutes les possibilités restent ouvertes.