

Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale
La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.
La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.
Définition du « groove »
Le piano est un instrument de percussion.
La définition du terme « groove » est complexe et difficilement traduisible en un seul mot en français. Il désigne la précision particulière d’un rythme régulier et répétitif, souvent binaire, qui peut évoquer la performance d’un batteur dans une musique entraînante et propice à la danse. Il sera la clé de voûte de l’interprétation dans Coral Island.
1- Déchiffrage
Ce morceau est constitué de deux parties,
Introduction La première partie sert d’introduction. Son rôle est de dynamiser la structure en offrant un point de départ à la fois fixe et énergique.
Thème, mélodie et harmonies La seconde partie présente le thème, la mélodie et les harmonies. Ces éléments pourront être utilisés comme base pour l’improvisation et les variations.
La tonalité de ce morceau est indiquée à l’armure : un bémol à la clé, ce qui correspond à fa majeur ou ré mineur. Vous retrouverez cette tonalité précisée à la fin de la grille, à la mesure 31.
Commencez par définir les doigtés des 8 premières notes de la mélodie à la main droite et répétez jusqu’à obtenir une exécution fluide. Ensuite, faites de même pour les 8 premières notes de la main gauche, en répétant jusqu’à ce que le passage soit maîtrisé. Enfin, jouez cette même phrase en coordonnant les deux mains ensemble, en veillant à la fluidité et à la précision. Travaillez lentement au départ, puis augmentez progressivement la vitesse.
Procedons de la meme facons pour les deux mesures suivantes. Doigtés ensuite mise en place puis répetition jusqu a la fluidité.
Répétez ensuite l’enchaînement des 4 premières mesures jusqu’à ce que leur exécution devienne parfaitement automatique et précise, en veillant à incarner le « groove » tel que défini précédemment.
Poursuivez avec la phrase suivante en sélectionnant une portion de taille adaptée : assez longue pour assurer une bonne synchronisation avec la suite, mais assez courte pour permettre une mise en place rapide et efficace. Travaillez cette section en boucle jusqu’à maîtrise parfaite, puis enchaînez depuis le début pour consolider l’ensemble des phrases répétées et assurer une cohérence globale.
Nous avancerons ainsi jusqu’à la fin de l’introduction, en appliquant la même méthode : travailler par petites sections, les maîtriser une à une, puis les assembler progressivement. L’objectif est d’atteindre un groove solide, en portant une attention particulière à la précision des rythmes, des phrasés et des accents.
Une fois l’introduction parfaitement maîtrisée au tempo défini (noire = 132), nous pourrons aborder sereinement le thème.
- Commencez par étudier la logique de la grille : il s’agit d’une suite de 4 accords, répétée 4 fois, chaque répétition étant harmonisée différemment (en tonalité majeure ou en son relatif mineur). Chaque cycle se conclut systématiquement par le Vᵉ degré de la tonalité majeure d’origine.
- Travaillez la mise en place du thème en jouant les deux mains ensemble, cycle par cycle de 4 mesures. Une fois chaque cycle maîtrisé, enchaînez progressivement les 4 parties pour jouer l’ensemble de manière fluide et continue.
- Voici une version reformulée en un seul bloc, claire et fluide :
Pour aborder ce thème efficacement, il est conseillé de procéder en deux temps : commencer par travailler et mémoriser les accords du premier temps de chaque mesure, puis, une fois ceux-ci bien assimilés, intégrer et placer la mélodie par-dessus.

2- interprétation
tempo :
La notion de tempo dans un morceau lié au groove fait appel à la notion de métronome intérieur. Seules la répétition, l’expérience et la possibilité de jouer avec une section rythmique (basse-batterie) aideront à l’acquisition d’un tempo régulier intégrant la notion de temps fort sur le 2 et le 4 (after beat).
Le métronome pourrait être utile dans un premier temps, mais l’acquisition d’une boîte à rythmes ou d’un programme de batterie sur votre ordinateur sera la meilleure option.
phasé :
La MG légato ou un peu staccato pourrait être une option dans ce morceau, la MD doit toujours être à la recherche de notes dynamiques très précises pour les anticipations.
pédale :
La pédale de sustain sera utile, prévoir une pédale par mesure mais ne jamais mélanger 2 harmonies différentes.
nuances :
« Escale ou Escale dans l’Océan » est un titre qui évoque le voyage, et plus particulièrement l’idée d’un regard posé sur un paysage en constante évolution.
L’ escale, moment de repos entre deux périples ou de réflexion entre deux étapes d’un même voyage, inspire l’image d’un paysage mû par le vent, que l’on cherche à restituer dans l’interprétation de ce morceau. Les nombreuses phrases musicales peuvent être nuancées de multiples façons, et il serait enrichissant de réaliser des exercices pour explorer les différentes options d’interprétation, tout en préservant cette dualité entre calme et mouvement.
La notion de nuance englobe également la dynamique et l’accentuation : certaines notes peuvent être mises en valeur, tandis qu’une section entière peut gagner en intensité ou, au contraire, s’adoucir.
3- improvisation
gammes :
La tonalité du morceau, représentée par les 1 bémols à la clé, correspond soit à la tonalité de Fa majeur, soit à son relatif mineur, Ré mineur. En regardant à la fin du morceau, on s’aperçoit que le dernier accord est Ré , ce qui définit la tonalité générale du morceau.
Les 16 accords constituant la grille (mot qui définit la suite des accords) sont décrits ci-après par les degrés dans la progression diatonique de la tonalite

Les harmonies suivent donc quatre fois le cycle suivant :
I – III – IV – V
Chaque degré peut être remplacé par son relatif mineur ou par un accord assurant la même fonction harmonique, ce qui ouvre la voie à ce qu’on appelle la réharmonisation.

L’ensemble de ces accords appartient à la progression diatonique de Fa majeur. La gamme sur laquelle il sera possible d’improviser sur l’ensemble de ces réharmonisations sera donc, elle aussi, Fa majeur, en tenant compte des exceptions, comme c’est le cas pour l’accord Sol♭7.
Pour commencer l’improvisation dans Escale, commencez par vous exercer à jouer la gamme de Fa majeure sur la grille de main gauche automatique, de manière horizontale.
Lorsque la main droite atteint une certaine indépendance dans les rythmes de noires, croches ou plus rapides, comme des triolets de croches ou même des doubles croches, commencez à créer des phrases avec un sens mélodique. Intégrez des espaces entre les phrases, des variations dans les rythmes utilisés, et des accents, tout en gardant la main gauche régulière. Elle servira de métronome durant l’improvisation.
La troisième étape consistera à utiliser les nouveaux accords réharmonisés afin de créer des variations dans les cycles harmoniques. Vous pourrez également chercher à l’oreille d’autres notes, extérieures à la gamme de base, mais qui vous semblent expressives pour illustrer un sentiment particulier. Chaque type d’accord peut en effet s’enrichir de notes supplémentaires, appelées extensions, qui apportent une sonorité plus originale et colorée.
L’étape suivante consistera à reprendre la deuxième étape, en improvisant des mélodies avec un maximum de variations dans les rythmes et les phrasés. Visez les notes intéressantes découvertes à l’étape 3.
Mémorisez bien toutes les mélodies ainsi trouvées en les répétant plusieurs fois, afin d’être en mesure de les réciter lors d’une répétition ultérieure. Il serait judicieux de les noter dans un cahier pour être sûr de les retrouver si un laps de temps important s’écoule entre deux sessions de travail.
Une autre méthode consiste à créer une mélodie extrêmement simple à la ronde, puis à élaborer des phrases mélodiques allant d’une note à l’autre. Cela garantit la cohérence générale sur l’ensemble des 16 mesures.

phrases :
Tentez au début des phrases courtes sans perdre la régularité de la main gauche ni le groove. Ensuite, essayez des phrases plus longues avec des espaces de silence. Variez les rythmes en utilisant des noires, des croches, des triolets, et peut-être même des phrases sous forme de gammes rapides.
Les phrases décalées dans l’espace de la mesure, en utilisant les accords basés sur les extensions, donneront une couleur plus moderne.
accords :
Il est possible de jouer les mélodies MD en octave pour donner plus de présence, ou de jouer des accords en utilisant les notes de la gamme ou les extensions décrites ci dessus 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – 11- 11# – 13 – .
Variations pour la MG
Lors de l’improvisation, la ligne mélodique de la main gauche, définie dans le thème, est un bon point de départ. Cependant, il est important de l’enrichir pour créer une improvisation plus variée. Les exemples ci-dessous ne sont que quelques possibilités parmi une multitude de solutions.
L’ accord constitué de tonique, quinte et tierce est assez simple à réaliser.
Une basse constituée de la tonique reprise à l’octave avec le pouce permettra encore plus de liberté pour la main droite improvisant.
Des accords de base en rondes ou arpégés seront assez faciles à réaliser aussi.
Beaucoup d’autres solutions sont possibles…

4- structure du morceau
introduction :
Commencez par jouer l’introduction écrite sur 10 mesures pour bien définir l’ambiance et la nuance générale du morceau, ainsi que son tempo.
theme :
Jouez les deux premiers thèmes tels qu’écrits, en respectant les deux sorties (coda) indiquées.
Pour le deuxième thème, vous pouvez vous permettre une interprétation plus libre, en explorant des nuances, des variations rythmiques ou expressives selon votre sensibilité.
improvisation :
L’improvisation doit être structurée et intégrer deux ou trois idées préalablement travaillées en répétition. Elle reprendra la première partie du thème (sous forme de variations ou de développement), tandis que la seconde partie ne sera interprétée qu’en conclusion de l’improvisation.
Par exemple :
- Première partie : Introduisez une nouvelle mélodie sur les accords du thème, s’étendant sur les 16 mesures de la premiere partie du theme.
- Deuxième partie : Explorez des accords différents pour apporter de la variété.
- Troisième partie : Adoptez un rythme plus soutenu avec un plus grand nombre de notes.
- Quatrième partie : Revenez à la construction et à l’ambiance de la première partie pour conclure en utilisant la 2em sortie.
Autre exemple :
- Première partie : Introduisez une nouvelle mélodie tres simple sur les accords du thème, s’étendant sur les 16 mesures.
- Deuxième partie : Adoptez un rythme plus soutenu avec un plus grand nombre de notes.
- Troisième partie : Entrer dans une ambiance beaucoup plus calme donnant l’ impression d’ un lieu isolé, la main gauche utilisant une basse constituée de la tonique reprise à l’octave avec le pouce sera une bonne option
- Quatrième partie : Revenez à la construction et à l’ambiance de la première partie pour conclure en utilisant la 2em sortie..
L’ensemble doit prendre la forme d’un crescendo régulier jusqu’à un point culminant appelé « climax » en fin de deuxième partie, suivi d’un decrescendo rapide pour entrer dans la troisième partie, puis se stabiliser jusqu’au retour au thème.
Pour assurer une transition fluide vers le thème, essayez de revenir à la première idée avec des phrases simples, créant ainsi un lien naturel avec le retour au thème.
theme :
Retour au 2 thèmes.
fin ou coda :
Vous pouvez choisir de terminer votre morceau en vous arrêtant comme écrit sur la partition, ou bien trouver une fin à votre convenance en suivant les principes suivants : ralentir le tempo, jouer de moins en moins fort, utiliser un accord de fin simple ou légèrement surprenant.