Méthode sur drifting sand

Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale

La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.

La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.

1- Déchiffrage

Pour commencer ce déchiffrage, nous allons nous concentrer sur les doigtés des deux mains.

La première étape consiste à déterminer les doigtés les plus adaptés. Je vous proposerai un doigté classique, mais n’hésitez pas à l’ajuster selon la morphologie de votre main : un autre doigté pourrait en effet s’avérer plus confortable pour vous.

Commencez par automatiser les deux premières mesures de la main droite, puis les mesures de la main gauche. Enfin, jouez les deux premières mesures avec les deux mains ensemble.

Avancez ensuite dans le déchiffrage en respectant un ordre logique. Je vous conseille de commencer par la mélodie (voix supérieure) afin de bien la distinguer et de la maîtriser avant d’ajouter les autres éléments.

Pour ce morceau, je vous conseille de l’apprendre par cœur. Cela vous permettra d’éviter la dépendance à la partition, qui peut limiter votre liberté d’interprétation en sollicitant inutilement votre attention et en ajoutant une charge cognitive supplémentaire.

2- interprétation

tempo :

La main gauche, à la croche, servira de métronome dans ce morceau. Une légère variation du tempo sera possible au service de la voix mélodique de la main droite.

phasé :

Pour ce morceau, la main gauche pourrait être jouée très legato, ce qui apporterait une belle continuité sonore. La main droite, quant à elle, interprétera la mélodie avec une nuance légèrement plus marquée que celle de la main gauche. Le défi réside dans l’équilibre entre les deux voix : il s’agit de faire ressortir la mélodie (première voix) tout en gardant présente, mais plus discrète, la deuxième voix (harmonique).

pedale :

La pédale de sustain peut enrichir la phrase harmonique de la main gauche en créant des liaisons plus fluides. Attention cependant :

Relâchez-la systématiquement à chaque changement d’harmonie pour éviter la superposition des accords.

Soyez à l’écoute : vérifiez que la main droite reste claire et distincte, sans effet de confusion.

nuances :

Drifting Sand : Ce titre évoque le ballet éternel des dunes, sculptées sans cesse par les vents brûlants du désert. Comme elles, les nuages se déplacent en un mouvement perpétuel, dessinant dans le ciel des silhouettes mouvantes, parfois surréalistes, jamais tout à fait les mêmes.

D’un point de vue musical, cette œuvre se déroule principalement dans une nuance piano, invitant à une interprétation délicate et fluide. Un premier crescendo apparaît à la mesure 11, menant vers une note plus aiguë. S’ensuit un long crescendo de quatre mesures, qui culmine sur un accord de septième altéré et dissonant — véritable climax du morceau. L’œuvre revient ensuite à la douceur initiale, comme un écho du début.

C’est en parcourant la partition dans son intégralité que l’interprète pourra identifier les passages à mettre en valeur par des nuances plus marquées, ainsi que les crescendos et decrescendos nécessaires pour en révéler toute la profondeur expressive.

3- improvisation

gammes :

Ce morceau peut tout à fait être abordé sans improvisation, en se limitant à une interprétation fidèle de la partition originale, jouée deux fois.

Cependant, pour enrichir l’expression musicale, je recommande d’expérimenter une forme d’improvisation, notamment en variant l’interprétation de la main gauche. Voici quelques pistes à explorer :

Accords à quatre sons : joués à l’état fondamental ou en renversement, pour une texture simple et claire.

Accords élargis (spread) : incluant tonique, tierce et quinte, plaqués ou arpégés librement, pour un rendu plus aérien.

Basse profonde + accord riche : une note grave suivie d’un accord enrichi d’extensions (9e, 11e, 13e), choisies en fonction de la couleur harmonique souhaitée.

Arpèges en noires et croches : intégrant les notes fondamentales et les extensions naturelles, pour un mouvement plus fluide et mélodique.

Combinaisons libres : mélange des exemples ci-dessus, selon l’inspiration et le contexte musical.

À la main droite, on peux inventer une nouvelle mélodie, enrichie d’une seconde voix d’harmonisation simple, composée à l’oreille. Inspire-toi du langage harmonique et des procédés utilisés dans la composition originale. Il peut être particulièrement intéressant de créer une improvisation « fixe » — c’est-à-dire une version écrite ou mémorisée — que tu interprètes et fais évoluer au fil des répétitions, que ce soit pour toi-même ou lors de prestations publiques.

Il serait sans doute judicieux de composer cette nouvelle mélodie et de l’écrire pour pouvoir l’utiliser ultérieurement.

L’improvisation peut également consister à improviser sur la mélodie existante, en paraphrasant les notes, en en ajoutant ou en modifiant les durées ou les rythmes.

phrases :

Gardez à l’esprit un phrasé très legato avec des silences en fin de phrase.

accords :

Il est possible de jouer les mélodies MD en octave pour donner plus de présence, ou de jouer des accords pour harmoniser les mélodies que vous avez crées en utilisant les notes de la gamme ou les extensions décrites ci dessous en fonction des types d’accord 1- 3 – 5 – 7 – 9 – 11- 11# – 13 – b13.

Extensions possibles

Accords Maj7 : 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – #11

Accords -7 : 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – 11

Accords 7 : 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – #11 – 13

Accords 7 altérés : 1 – 3 – 5 – 7 – b9 – #9 – #11 – b13

4- structure du morceau

introduction :

1 – « Entrée directe dans le thème, sans introduction. Pour une immersion immédiate dans le sens de « Drifting Sand ».

2 – Faire une improvisation d’une grille entière sur le thème pour introduire l’aspect mystérieux de « Drifting Sand »

theme :

Jouer le thème, avec une interprétation sobre et fidèle à l’écriture (phrasé régulier, dynamique modérée). Lors de la seconde exposition, introduire des variations d’interprétation. Ajouter des légères libertés rythmiques (rubato, anticipations ou retards sur certaines notes). Jouer avec plus de contraste dynamique (crescendos, decrescendos).

improvisation :

L’improvisation doit être construite et équilibrée. Vous pouvez :

  • Soit improviser une nouvelle mélodie sur 16 mesures,
  • Soit développer une improvisation plus longue sur 2 x 16 mesures (idéal pour une approche progressive). Dans ce cas, la deuxième partie peut s’ouvrir à une main gauche plus libre, pour apporter plus de variation et de contraste.

Pour la transition vers le retour au thème : Revenez à l’idée initiale avec des phrases simples et épurées, afin d’assurer une transition naturelle et fluide.

    theme :

    Retour au thème 1 seule fois peut être sans la reprise.

    fin ou coda :

    La coda de ce morceau est indiquée à la fin de la partition. L’accord C7 alt constitue une excellente conclusion, car il laisse à l’auditeur l’impression d’une ouverture, comme si la musique pouvait se poursuivre dans son imaginaire. Il reste possible, pour renforcer cet effet, d’ajouter un rallentissement progressif avant cet accord, ce qui marque clairement la fin tout en gardant une certaine ambiguïté.