Méthode sur coral island

Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale

La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.

La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.

Définition du « groove »

Le piano est un instrument de percussion.

La définition du terme « groove » est complexe et difficilement traduisible en un seul mot en français. Il désigne la précision particulière d’un rythme régulier et répétitif, souvent binaire, qui peut évoquer la performance d’un batteur dans une musique entraînante et propice à la danse. Il sera la clé de voûte de l’interprétation dans Coral Island.

1- Déchiffrage

  • Avant de commencer le déchiffrage de ce morceau, précisons la mise en place binaire de certains rythmes en doubles croches.

Automatisez la main gauche des deux premières mesures en respectant bien les doigtés et jouez-la en boucle. Vous constaterez que cette main gauche sera répétée jusqu’à la fin du morceau.

Commencez ensuite à répéter en boucle la main droite de la fin de la deuxième mesure. Tentez alors de la synchroniser avec la boucle de la main gauche précédemment répétée, de façon horizontale ( voir définition ci dessus). Si cette synchronisation horizontale ne se réalise pas facilement, essayez de la synchroniser de façon verticale.

Commencez ensuite à répéter cette section jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement automatique et précise, rappelant la définition du « groove » mentionnée ci-dessus.

Ensuite, faites de même pour la phrase suivante, allant jusqu’au milieu de la mesure 4. Puis, reprenez depuis le début jusqu’à la mesure 4 pour lier les deux phrases.

Nous avancerons dans le morceau en suivant le même principe, en travaillant des petites parties que nous monterons pas à pas jusqu’au groove, en insistant sur la précision des rythmes, des phrasés et des accents.

Interprétez ensuite jusqu’à la fin du morceau.

    2- interprétation

    tempo :

    La notion de tempo dans un morceau lié au groove fait appel à la notion de métronome intérieur. Seules la répétition, l’expérience et la possibilité de jouer avec une section rythmique (basse-batterie) aideront à l’acquisition d’un tempo régulier intégrant la notion de temps fort sur le 2 et le 4 (after beat).

    Le métronome pourrait être utile dans un premier temps, mais l’acquisition d’une boîte à rythmes ou d’un programme de batterie sur votre ordinateur sera la meilleure option.

    phasé :

    La MG légato ou un peu staccato pourrait être une option dans ce morceau, la MD doit toujours être à la recherche de notes dynamiques très précises pour les anticipations.

    pédale :

    La pédale de sustain sera utile, prévoir une pédale par mesure mais ne jamais mélanger 2 harmonies différentes.

    nuances :

    Coral Island est une petite île en Thaïlande. L’image de plages paisibles, de vastes étendues de coraux multicolores et de couchers de soleil éclatants pourrait être celle que l’on tente de représenter dans l’interprétation de ce morceau. De nombreuses phrases peuvent être nuancées, et il serait intéressant de réaliser des exercices pour comparer les différentes options possibles, tout en conservant cette idée de calme et de sérénité.

    La notion de nuance inclut également celle de dynamique et d’accentuation : certaines notes peuvent être accentuées, et une section entière peut avoir une dynamique plus forte ou plus faible.

    3- improvisation

    gammes :

    La tonalité du morceau, représentée par les deux bémols à la clé, correspond soit à la tonalité de Sib majeur, soit à son relatif mineur, Sol mineur. En regardant à la fin du morceau, on s’aperçoit que le dernier accord est Sol mineur, ce qui définit la tonalité générale du morceau.

    Les deux accords constituant la grille (mot qui défini la suite des accords) sont : Eb Maj7 (Mib majeure 7) et G-7 (Sol mineur 7), on gardera le La becart sur l’accord de Mib Maj7, il sera noté comme une 11# c’est à dire une quarte augmentée.

    Pour commencer l’improvisation dans Coral Island, commencez par vous exercer à jouer la gamme de Sol mineur sur la ligne de main gauche automatique, de manière horizontale.

    Lorsque la main droite atteint une certaine indépendance dans les rythmes de noires, croches ou plus rapides, comme des triolets de croches ou même des doubles croches, commencez à créer des phrases avec un sens mélodique. Intégrez des espaces entre les phrases, des variations dans les rythmes utilisés, et des accents, tout en gardant la main gauche régulière. Elle servira de métronome durant l’improvisation.

    La troisième étape consistera à bien écouter chaque son de la gamme sur chaque accord pour déterminer la couleur de chaque note. Essayez de trouver d’autres notes à l’oreille qui n’appartiennent pas à la gamme mais qui vous conviennent pour illustrer un sentiment particulier.

    L’étape suivante consistera à reprendre la deuxième étape, en improvisant des mélodies avec un maximum de variations dans les rythmes et les phrasés. Visez les notes intéressantes découvertes à l’étape 3.

    Mémorisez bien toutes les mélodies ainsi trouvées en les répétant plusieurs fois, afin d’être en mesure de les réciter lors d’une répétition ultérieure. Il serait judicieux de les noter dans un cahier pour être sûr de les retrouver si un laps de temps important s’écoule entre deux sessions de travail.

    phrases :

    Tentez au début des phrases courtes sans perdre la régularité de la main gauche ni le groove. Ensuite, essayez des phrases plus longues avec des espaces de silence. Variez les rythmes en utilisant des noires, des croches, des triolets, et peut-être même des phrases sous forme de gammes rapides.

    Les phrases décalées dans l’espace de la mesure, en utilisant les accords basés sur les extensions, donneront une couleur plus moderne.

    accords :

    Il est possible de jouer les mélodies MD en octave pour donner plus de présence, ou de jouer des accords en utilisant les notes de la gamme ou les extensions 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – 11- 11# – 13 – .

    D’autres accords sont possibles et peuvent intégrer les notes étrangères étudiés dans le chapitre gammes 3em étape.

    Variations pour la MG

    Dans l’improvisation, la ligne mélodique de la MG définie dans le thème est un bon point de départ. Cependant, il est important de l’enrichir pour créer une improvisation plus variée. Les exemples ci-dessous ne sont que quelques possibilités parmi une multitude de solutions.

    4- structure du morceau

    introduction :

    La solution la plus simple est de commencer à jouer la main gauche seule pendant quelques mesures pour entrer dans l’ambiance du morceau. D’autres solutions sont possibles, au libre choix de l’interprète.

    theme :

    Jouez le premier thème tel qu’écrit.

    Interprétez le deuxième thème de façon plus libre.

    improvisation :

    L’improvisation doit être structurée en intégrant deux ou trois idées travaillées lors des répétitions.

    Par exemple :

    1. Première partie : Introduisez une nouvelle mélodie sur les accords du thème, s’étendant sur 4, 8 ou 16 mesures.
    2. Deuxième partie : Explorez des accords différents pour apporter de la variété.
    3. Troisième partie : Adoptez un rythme plus soutenu avec un plus grand nombre de notes.
    4. Quatrième partie : Revenez à la construction et à l’ambiance de la première partie pour conclure.

    L’ensemble doit prendre la forme d’un crescendo régulier jusqu’à un point culminant appelé « climax », suivi d’un decrescendo pour revenir au thème.

    Pour assurer une transition fluide vers le thème, essayez de revenir à la première idée avec des phrases simples, créant ainsi un lien naturel avec le retour au thème.

    theme :

    Retour au thème 1 fois ou deux à votre convenance.

    fin ou coda :

    Vous pouvez choisir de terminer votre morceau en vous arrêtant sur le mot « FINE » en fin de partition, ou bien trouver une fin à votre convenance en utilisant les principes suivants : ralentir le tempo, jouer de moins en moins fort, utiliser un accord de fin simple ou légèrement surprenant.