Méthode sur calle minelli

La Calle Minelli, discrète ruelle vénitienne située à deux pas de la place Saint-Marc, porte en elle l’écho du peintre Ricardo Licata, qui y vécut et y travailla. Entre les palais majestueux, les ruelles secrètes et les canaux aux reflets changeants, Venise déploie une palette de couleurs vibrantes, presque oniriques. Face à ce décor éternellement romantique, l’univers de Ricardo se révèle plus contemporain et mystérieux, jouant avec la lumière et les ombres de la cité, tout en conservant une intensité chromatique qui rivalise avec l’éclat de Venise. La musique, inspirée par ce contraste, explore la rencontre entre la tradition flamboyante de la ville et la modernité énigmatique de l’artiste, comme une invitation à voir Venise à travers un regard nouveau.

Définition du Principe de Synchronisation Verticale ou Horizontale

La synchronisation verticale consiste à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG) en lisant les notes de manière verticale sur la partition.

La synchronisation horizontale, quant à elle, consiste à automatiser les mouvements des deux mains pour les jouer ensemble, sans se préoccuper de l’aspect vertical de la partition. Cette méthode présente l’avantage de faciliter l’interprétation et de permettre l’improvisation sur l’une des mains jouées de manière automatique.

1- Déchiffrage

Pour commencer ce déchiffrage, nous allons d’abord nous concentrer sur les doigtés de la main gauche et de la main droite. Ensuite, nous avancerons pas à pas dans le morceau, afin de synchroniser les deux mains de manière horizontale, en créant des automatismes sur de petites sections.

La première étape consiste à déterminer les doigtés les plus adaptés. Je vous proposerai un doigté classique, mais n’hésitez pas à l’ajuster selon la morphologie de votre main : un autre doigté pourrait en effet s’avérer plus confortable pour vous.

Pour finaliser le morceau, commencez à synchroniser la main droite (MD) et la main gauche (MG). Cette étape doit se faire mesure par mesure en essayant de mémoriser la musique au fur et à mesure de la progression dans le morceau. L’objectif est d’assurer une coordination fluide et précise entre les deux mains, afin de restituer l’œuvre dans son intégralité.

Cette étape pourra se faire en trois temps : 1. Un premier tempo assez lent, pour bien coordonner les deux mains avec précision, 2. Un tempo plus rapide, afin de commencer à automatiser les mouvements, 3. Un troisième tempo, encore plus soutenu, se rapprochant du tempo indiqué sur la partition.

Pour ce morceau, je vous conseille de l’apprendre par cœur. Cela vous permettra d’éviter la dépendance à la partition, qui peut limiter votre liberté d’interprétation en sollicitant inutilement votre attention et en ajoutant une charge cognitive supplémentaire.

2- interprétation

tempo :

Ce morceau est construit sous forme de vagues rythmiques, à travers des mouvements apparemment aléatoires des deux mains, créant ainsi un effet de couleurs aux reflets changeants. La coordination entre les mains est essentielle pour obtenir cet effet sonore.
Le tempo pourra varier, toujours au service de la voix mélodique de la main droite.

phasé :

Ce morceau doit être jouée très legato pour apporter une belle continuité sonore. La main droite, quant à elle, interprétera la mélodie avec une nuance légèrement plus marquée que celle de la main gauche. Le défi réside dans l’équilibre entre les deux voix : il s’agit de faire ressortir la mélodie (première voix) tout en gardant présente, mais plus discrète, la deuxième voix (harmonique).

pedale :

La pédale de sustain peut enrichir la phrase harmonique de la main gauche en créant des liaisons plus fluides. Attention cependant :

Relâchez-la systématiquement à chaque changement d’harmonie pour éviter la superposition des accords.

Soyez à l’écoute : vérifiez que la main droite reste claire et distincte, sans effet de confusion.

nuances :

D’un point de vue musical, l’œuvre est principalement écrite dans une nuance entre le piano et le mezzo piano, invitant à une interprétation soutenue mais introspective. C’est en parcourant le morceau dans son intégralité que l’interprète pourra identifier les passages à mettre en valeur par des nuances plus marquées, ainsi que les crescendos et decrescendos nécessaires pour en révéler toute la profondeur expressive.

3- improvisation

gammes :

La Calle Minelli, discrète ruelle vénitienne située à deux pas de la place Saint-Marc, porte en elle l’écho du peintre Ricardo Licata, qui y vécut et y travailla. Entre les palais majestueux, les ruelles secrètes et les canaux aux reflets changeants, Venise déploie une palette de couleurs vibrantes, presque oniriques. Face à ce décor éternellement romantique, l’univers de Ricardo se révèle plus contemporain et mystérieux, jouant avec la lumière et les ombres de la cité, tout en conservant une intensité chromatique qui rivalise avec l’éclat de Venise. La musique, inspirée par ce contraste, explore la rencontre entre la tradition flamboyante de la ville et la modernité énigmatique de l’artiste, comme une invitation à voir Venise à travers un regard nouveau.

Je recommande d’expérimenter une forme d’improvisation en deux parties, décrivant le contraste entre tradition et modernité, séparée par la relecture d’un thème entier.

Première partie (romantique et traditionnelle) Utiliser des arpèges fluides et des phrases mélodiques inspirées du répertoire classique romantique, pour évoquer une atmosphère lyrique et expressive.

Rejouer le thème une fois pour séparer les deux parties improvisées.

Seconde partie (contemporaine et moderne) Introduire des accords dissonants et des mélodies plus modernes, voire atonales, pour créer un contraste marqué avec la première section.

Commençons par étudier l’harmonie du morceau :

6 mesures en mineur puis 6 mesures en majeure

La grille harmonique et le tempo initialement prévus ne se prêtent pas idéalement à une improvisation de style romantique traditionnel. Pour mieux s’y adapter, il serait judicieux de :

Ralentir le tempo : adopter une vitesse d’interprétation plus lente, propice à l’expression lyrique, au rubato et à la construction de phrases mélodiques amples.

Allonger la durée des accords : augmenter le nombre de mesures par harmonie, afin de laisser plus d’espace aux développements mélodiques et aux ornements caractéristiques du romantisme.

Première partie (romantique et traditionnelle)

La musique romantique au piano se caractérise par une harmonie riche en extensions et modulations, des mélodies longues et lyriques ornées de rubatos, un accompagnement arpégé aux basses profondes, ainsi que par de grands contrastes de nuances et un usage généreux de la pédale de sustain.

Seconde partie (contemporaine et moderne)

La musique contemporaine se définit par une rupture avec l’harmonie classique : elle utilise des accords plus complexes et une construction harmonique plus mystérieuse ; des mélodies plus atonales, surprenantes tant par leurs intervalles que par leurs rythmes ; un accompagnement moins prévisible dans son placement métrique ; ainsi que des nuances d’une plus grande amplitude, attribuées de façon plus aléatoire, et un usage de la pédale réservé à des zones bien précises.

Je n’écrirais pas d’exemple sur une improvisation contemporaine : cela irait à l’encontre de l’idée de se laisser guider par l’instinct et le moment présent, avec des notes et des accords inspirés par ce qui vient d’être joué. Laissez-vous emporter par l’instant, jouez ce que vous entendez et mobilisez tout votre bagage musical, vos habitudes, vos réflexes… et surtout, votre inspiration.

phrases :

Dans la partie romantique, privilégiez des phrasés aussi liés que possible, en développant des phrases musicales longues et fluides. Pour la partie contemporaine, adaptez vos phrasés en fonction de votre discours et de l’expression recherchée.

accords et extensions :

Il est possible de jouer les mélodies MD en octave pour donner plus de présence, ou de jouer des accords pour harmoniser les mélodies que vous avez crées en utilisant les notes de la gamme ou les extensions décrites ci dessous en fonction des types d’accord 1- 3 – 5 – 7 – 9 – 11- 11# – 13 – b13.

Extensions possibles

Accords Maj7 : 1 – 3 – 5 – 6 – 7 – 9 – #11

Accords -7 : 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – 11

Accords 7 : 1 – 3 – 5 – 7 – 9 – #11 – 13

Accords 7 altérés : 1 – 3 – 5 – 7 – b9 – #9 – #11 – b13

4- structure du morceau

introduction :

Attaquez directement le thème sera la meilleure option pour installer l’ambiance si particulière de la Calle Minelli.

theme :

Jouez le thème une fois en respectant les reprises, et envisagez d’apporter des variations dans l’interprétation de la deuxième partie.

improvisation :

L’improvisation doit être construite et équilibrée. Voici une proposition de structure :

Après l’exposition du thème, réalisez une première improvisation dans un esprit romantique.

Rejouez ensuite une seule fois le thème, sans reprise.

Terminez par une improvisation plus contemporaine et libre.

D’autres approches sont bien sûr envisageables, mais veillez toujours à donner une direction claire à votre improvisation pour rester fidèle à l’esprit du thème. Pour conclure, revenez à l’idée initiale avec des phrases simples et épurées, assurant ainsi une transition naturelle et fluide vers le dernier thème.

theme :

Retour au thème 1 seule fois avec la reprise.

fin ou coda :

La façon de conclure ce morceau n’est pas imposée ; plusieurs solutions s’offrent à vous :

Option 1 : Un long rallentendo sur les trois dernières mesures du thème, suivi d’un point d’orgue tenu sur le troisième temps de la dernière mesure.

Option 2 : Jouer le thème a tempo jusqu’à la fin, puis revenir au début du morceau et répéter plusieurs fois la première mesure en ralentissant progressivement et en effectuant un decrescendo.

Option 3 : Après le dernier thème, écrire ou improviser une phrase conclusive qui marque sans ambiguïté la fin du morceau.